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Le CIO relance les tests de féminité : un retour en arrière qui secoue le monde du sport

Kirsty Coventry (Photo by Icon Sport)

Vingt-huit ans après leur abandon, les tests génétiques de féminité feront leur retour aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Le CIO conditionne désormais la participation aux épreuves féminines au sexe biologique, excluant de fait les athlètes transgenres et intersexes. Une décision choc qui remet en cause des années d’avancées sur l’inclusion dans le sport.

Le monde du sport féminin vient d’être bouleversé par une annonce aux allures de flashback. Réuni à Lausanne, le Comité international olympique (CIO) a décidé de rétablir les tests chromosomiques pour déterminer qui pourra concourir dans les catégories féminines à partir des JO-2028. Seules les athlètes non porteuses du gène SRY, marqueur du sexe masculin, seront désormais autorisées à participer.

Une rupture avec la ligne inclusive

Ce virage brutal met fin à la politique adoptée en 2021, qui laissait chaque fédération définir ses propres critères. Désormais, le CIO impose une règle universelle qui exclut les sportives transgenres mais aussi de nombreuses athlètes intersexes, nées et reconnues comme femmes depuis toujours. Un choix que la présidente du CIO, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, assume comme la première grande réforme de son mandat.

Une décision aux répercussions humaines et juridiques

Si la mesure n’aura pas d’effet rétroactif, elle relance le débat sur l’équilibre entre équité sportive et respect de l’identité des athlètes. La boxeuse algérienne Imane Khélif, championne olympique à Paris malgré une polémique autour de son profil génétique, n’est pas concernée par le nouveau règlement. Mais la question reste brûlante : comment concilier science, droit et dignité humaine sur la scène olympique ?

Le spectre du passé

Entre 1968 et 1996, ces tests avaient déjà marqué l’histoire olympique avant d’être abandonnés pour leur manque de pertinence scientifique. En les réintroduisant, le CIO rouvre une page douloureuse que beaucoup pensaient définitivement tournée. Dans certaines disciplines comme la boxe, l’athlétisme ou le ski, ces contrôles sont déjà en place — au risque de heurter les cadres légaux nationaux, notamment en France, où les tests génétiques sans motif médical restent interdits.

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