Le 26 mars dernier, l’Impérial Palace d’Annecy accueillait la troisième édition de l’Annecy Outdoor Week, événement signature imaginé par Hardloop pour mettre en scène les nouvelles collections outdoor.
Mais derrière le format spectaculaire du défilé, une tendance plus profonde se dessine : l’outdoor est en train de devenir bien plus qu’un sport. Il s’impose progressivement comme une véritable culture.
Avec 300 invités présents, 45 athlètes et aventuriers sur scène, 65 marques représentées et plus de 4 millions de spectateurs touchés en ligne lors des précédentes éditions, l’événement confirme sa montée en puissance et illustre l’évolution d’un marché en pleine transformation.
L’outdoor, un marché en pleine mutation
Longtemps cantonné aux pratiquants de montagne ou aux sports de nature, l’outdoor connaît aujourd’hui une expansion rapide.
Le marché mondial de l’outdoor représente désormais plus de 130 milliards d’euros, dont près de 40 milliards pour le textile et la chaussure technique, cœur du segment lifestyle et technique.
Au-delà des chiffres, c’est surtout l’usage qui évolue. Les équipements ne sont plus uniquement conçus pour la pratique sportive : ils sont aussi portés au quotidien.
Vestes imperméables, polaires techniques ou chaussures de trail s’invitent désormais dans la vie urbaine. Ce phénomène, souvent qualifié de “Gorpcore”, désigne la tendance qui consiste à adopter les vêtements techniques de randonnée et d’alpinisme dans le vestiaire du quotidien.
Le terme GORP vient d’ailleurs de l’expression américaine “Good Old Raisins and Peanuts”, le mélange énergétique que les randonneurs emportaient traditionnellement dans leur sac. Popularisé par la presse mode à partir de 2017, le mot Gorpcore illustre aujourd’hui l’influence croissante de l’outdoor sur la culture et le style contemporain.
Hier, le basket influençait la rue.
Aujourd’hui, c’est la montagne.
Le rôle central des athlètes
Autre évolution majeure : la place des athlètes dans l’écosystème outdoor.
Lors de l’Annecy Outdoor Week, ce sont de véritables sportifs et aventuriers qui défilent sur scène. Parmi eux figuraient notamment la grimpeuse Oriane Bertone, le traileur Benjamin Roubiol, la championne du monde de cross-triathlon Alizée Patiès ou encore la biathlète olympique Marie-Laure Brunet.
Cette présence est essentielle pour les marques.
Dans l’outdoor, les athlètes incarnent un rapport authentique à la nature et à l’exploration. Leur crédibilité repose sur l’expérience du terrain : un équipement testé dans des conditions réelles porte une légitimité forte auprès des pratiquants.
Comme le résume souvent l’industrie : si cela fonctionne à 4 000 mètres d’altitude, cela fonctionnera partout ailleurs.
Les nouveaux ambassadeurs de l’aventure
Aux côtés des athlètes, l’Annecy Outdoor Week fait également une place aux créateurs de contenu qui participent aujourd’hui activement à la diffusion de la culture outdoor. Sur les réseaux sociaux, ces profils racontent leurs explorations, partagent leurs expériences et contribuent à rendre ces pratiques plus accessibles.
Des créatrices comme Enroute_Mathilde, suivie par 170 000 abonnés sur Instagram, ou Mélanie Buffetaud, qui rassemble plus de 2 millions d’abonnés cumulés sur Instagram et YouTube, incarnent cette nouvelle génération de passeurs d’aventure. À travers leurs récits, leurs images et leurs voyages, elles donnent envie de sortir, d’explorer et de découvrir la nature.
Leur présence lors de l’événement reflète une évolution importante de l’écosystème outdoor, où l’inspiration circule désormais autant par les communautés digitales que par les circuits sportifs traditionnels.
C’est aussi une manière d’attirer celles et ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de découvrir les sports outdoor et qui peuvent parfois les percevoir comme difficiles d’accès. En racontant l’aventure autrement, ces créateurs contribuent à montrer que l’exploration peut commencer simplement, à son rythme, et souvent tout près de chez soi.
Dans cet esprit, l’Annecy Outdoor Week cherche aussi à susciter l’envie d’explorer auprès du plus grand nombre.
Un “défilé d’aventure”
C’est précisément cette évolution que l’Annecy Outdoor Week cherche à raconter.
L’événement ne se présente pas comme un défilé de mode classique, mais comme un “défilé d’aventure”, où les équipements sont portés par des athlètes et des aventuriers passionnés.
Pour cette édition intitulée Au Fil des Lacs, plus de 50 panoplies techniques ont été présentées à travers plusieurs tableaux inspirés des paysages alpins et lacustres. Des silhouettes arborant les dernières innovations de Patagonia, Rab, Columbia, Ortovox ou encore Oakley ont ainsi défilé, mettant en scène des équipements portés par celles et ceux qui les utilisent réellement.
L’ouverture du défilé a notamment été marquée par un prologue consacré à l’apnée, mettant en scène le record de France réalisé par Stéphane Tourreau, descendu à 141 mètres de profondeur.
Une manière symbolique d’explorer un autre imaginaire de l’aventure : celui du souffle et des profondeurs.
Annecy, capitale de la culture outdoor
Au-delà de l’événement lui-même, l’Annecy Outdoor Week s’inscrit dans une dynamique territoriale.
Située entre lac et montagnes, Annecy est devenue ces dernières années l’un des principaux hubs européens de l’industrie outdoor. De nombreuses marques et entreprises du secteur y sont implantées, tandis que les massifs environnants offrent un terrain de pratique exceptionnel.
Dans ce contexte, l’Annecy Outdoor Week ambitionne de devenir un rendez-vous structurant pour l’écosystème.
Car si l’outdoor reste avant tout une pratique sportive, il s’affirme désormais comme un phénomène culturel à part entière.
Comme le résument souvent les acteurs du secteur :
L’outdoor n’est plus seulement un sport.
C’est devenu une culture.
👉 Plus d’infos : www.annecy-outdoor-week.com
👉 Photos : ©Anaïs Brébion
