Il a failli tout rater. Puis il a tout renversé. Valentin Vacherot a offert lundi soir au public de Monte-Carlo l’un de ces matchs dont le Rocher raffole — de la sueur, du suspense, et une remontée spectaculaire.
Le Monégasque de 27 ans, 23e mondial, s’est qualifié pour le deuxième tour du Masters 1000 en écartant l’Argentin Juan Manuel Cerundolo (71e) dans un match à rebondissements : 5-7, 6-2, 6-1.
Le début de rencontre est pourtant loin d’être rassurant. Vacherot multiplie les fautes directes — 14 au total dans le premier set — et laisse Cerundolo prendre confiance. L’Argentin brise le service du Monégasque pour mener 6-5 et s’impose dans la première manche. La dynamique se poursuit en début de deuxième set : Cerundolo chipe à nouveau le service adverse et se retrouve avec deux balles pour mener 3 jeux à 0. Le scénario catastrophe se profile.
C’est à ce moment précis que Vacherot se métamorphose. Sous les yeux de son cousin Arthur Rinderknech, présent dans les tribunes, le grand brun d’1,93 m sauve sa mise en jeu et enclenche une séquence saisissante : 11 jeux remportés consécutivement, le poing serré après chaque point gagné, une intensité qui électrise le court des Princes. Le deuxième set se conclut 6-2, le troisième 6-1. Cerundolo, qui semblait tenir le match, disparaît dans la tempête.
Ce succès prend une saveur particulière pour Vacherot. L’an dernier, il disputait ce même tournoi en tant qu’invité, classé au-delà de la 250e place mondiale. Depuis, tout a changé. Son titre au Masters 1000 de Shanghai en novembre l’a propulsé dans une autre dimension, et Monte-Carlo représente pour lui l’occasion de confirmer que cette ascension n’est pas un accident.
La suite s’annonce autrement plus difficile. Au deuxième tour, Vacherot retrouvera l’Italien Lorenzo Musetti, 5e mondial et finaliste de la dernière édition à Monte-Carlo. L’adversaire idéal pour mesurer le chemin parcouru — et peut-être pour écrire la prochaine page d’une quinzaine qui commence sous les meilleurs auspices.

