Il fallait vendre, vite et bien. Monaco n’avait plus vraiment le choix, pris à la gorge par les règles du fair-play financier et la menace d’une sanction européenne.
Le verdict est tombé ce mardi : George Ilenikhena s’envole pour l’Arabie saoudite, direction Al-Ittihad. Montant de l’opération : 33 millions d’euros. Sur le Rocher, on souffle. Et fort. Parce qu’entre les obligations comptables, les performances inconstantes du jeune attaquant et l’incertitude autour du mercato, ce transfert tombe presque comme une bénédiction. D’autant que le Nigérian, recruté pour près de 19 millions à l’été 2024, n’avait jamais vraiment trouvé sa place : trois petites titularisations cette saison, et la sensation frustrante d’un potentiel jamais exploité.
Mais derrière ce départ, il y a surtout une question de survie économique. Monaco devait absolument boucler une vente significative avant juillet. Thiago Scuro, le directeur général, n’avait pas mâché ses mots mi-janvier : il fallait « vendre pour éviter les sanctions de l’UEFA ». Message reçu. Le chèque d’Al-Ittihad, additionné aux 4 millions de bonus liés à la revente de Saïmon Bouabré, redonne un peu d’oxygène à la trésorerie. Et, curieusement, sans déstabiliser l’effectif. Car oui, Ilenikhena s’en va, mais Simon Adingra (arrivé en prêt de Sunderland) est déjà là pour occuper le flanc offensif, avec ses crochets courts et son sens du timing.
Un talent resté en sommeil
Sur le terrain, le passage d’Ilenikhena restera comme une parenthèse à peine entrouverte. En dix-huit mois, il aura marqué ici ou là, mais sans jamais s’imposer durablement face à Breel Embolo ou Folarin Balogun. Dix buts, deux passes décisives, et beaucoup d’attentes déçues. Trop tendre ? Mal utilisé ? Difficile à dire, et les chiffres se contredisent selon qu’on regarde les minutes de jeu ou les xG. Et pourtant, on sentait quelque chose chez ce gamin de Lagos – une puissance rare, un instinct qui demandait juste à éclore. Sauf que le Rocher est exigeant, parfois cruel. Et à Monaco, les promesses non tenues finissent vite par filer ailleurs.

