Mehdy Metella, Florent Manaudou, et Jérémy Stravius évoquent une alchimie après une nouvelle victoire sur le relais-roi 4×100 m libre, lors de l’Euro à Berlin, soulignant le travail psychologique du capitaine Fabien Gilot. Depuis les Euros en mai 2012 à Debrecen (Hongrie), les Bleus ont toujours décroché l’or sur l’épreuve collective. Aux jeux Olympiques de Londres et aux Mondiaux en 2013 à Barcelone.

Comment qualifiez-vous cette victoire ?
Jérémy Stravius: Formidable. C’est un des relais que je garderai en
mémoire. Je ne pensais pas qu’il y aurait cette alchimie entre nous. Ce
capitaine (Gilot) a été énorme avant la course. Il a trouvé les mots justes,
c’était parfait. Pour moi, on avait gagné avant de nager. Mentalement, on
était au-dessus d’eux. Il nous a fait croire qu’on était les meilleurs. On y a
cru car on se sent forts. +Fab+ connaît bien ces clés. Il m’a foutu la
chair de poule. Hier (dimanche), quand il a fait le discours de l’équipe, il a
été énorme. Même si on avait des absents, même si des leaders ne sont pas
forcément là, on reste une grosse équipe. Et on peut démontrer qu’on est les
meilleurs. Surtout sur ce 4×100, aller chercher ce titre n’était pas gagné
d’avance. Chacun n’a pas montré des 100m extraordinaires cette année. Mais là,
on sort tous moins de 48 sec. On ne peut pas sortir de genre de chrono si on
n’est pas tous ensemble.

Tous les relayeurs vous rendent hommage…
Fabien Gilot: Vous me faites rougir. Tant mieux, je suis honoré s’ils
disent ça. J’essaie de trouver les mots qui peuvent changer l’état d’esprit
d’une équipe. Je commence à tous les connaître par coeur, je connais leurs
visages. J’essaie d’appuyer sur le boutons qui va les transformer, les
transcender. Mehdy, tu sens le jeune qui a la passion du 4×100 qui veut en
être depuis très longtemps. Flo (Manaudou) a encore un peu ses a priori sur le
100m, je le connais par coeur. Jérémy (Stravius), on en a déjà vécu quelques
unes ensemble. Avec lui, presque des regards. Mais ce n’est pas moi qui fait
le relais. Dans le discours, j’y suis allé avec mes tripes, des mots simples,
j’ai creusé un peu pour motiver tout le monde.