Cameron McEvoy entre dans l’histoire en explosant le record du monde du 50 m nage libre

Le sprinteur australien a effacé des tablettes un record vieux de 17 ans, signé à l’époque mythique des combinaisons en polyuréthane. Une performance hors du temps, réalisée vendredi à Shenzhen.

À 31 ans, Cameron McEvoy vient d’écrire une nouvelle page d’or de la natation mondiale. Vendredi, à Shenzhen (Chine), le champion australien a bouclé le 50 mètres nage libre en 20 secondes 88, établissant un nouveau record du monde de la distance. Un exploit qui balaie l’ancienne marque du Brésilien Cesar Cielo (20”91), établie en 2009, alors que la discipline vivait encore sous l’ère controversée des combinaisons en polyuréthane.

Un exploit sans artifices

En coupant l’eau plus vite que quiconque dans l’histoire sans l’aide de ces équipements aujourd’hui bannis, McEvoy devient le premier homme à passer sous la barre des 21 secondes « à l’ancienne ». Une prouesse d’autant plus symbolique pour celui qui, après avoir goûté à l’or olympique sur cette même distance à Paris en 2024, semble encore repousser ses limites physiques et mentales.

Déjà double champion du monde du 50 m nage libre (2023 et 2025), l’Australien a atomisé son propre record personnel (21”06) lors d’une finale étincelante du China Swimming Open. Derrière lui, l’Américain Jack Alexy (21”57) et son compatriote Kyle Chalmers (22”01) n’ont pu que contempler la démonstration d’un nageur en état de grâce.

Le respect des légendes

La performance n’a pas tardé à faire réagir son illustre prédécesseur. Depuis son compte Instagram, Cesar Cielo a salué un « Sprint éclair » et un accomplissement « incroyable ». L’ancien recordman, champion du monde et champion olympique, a accompagné son message d’une citation inspirante : “On ne change jamais les choses en luttant contre la réalité existante. Pour changer quelque chose, il faut construire un nouveau modèle qui rende l’ancien obsolète.”

Une phrase que McEvoy a accueillie avec gratitude et humilité. « Merci @cesarcielof », a-t-il répondu, avant d’ajouter une référence à Newton : “Si j’ai vu plus loin que les autres, c’est en me tenant sur les épaules des géants.” Une manière élégante de rendre hommage à celui dont il vient pourtant d’effacer le record.

Une légende au sommet de sa maturité

L’Australien, souvent considéré comme un perfectionniste du sprint, récolte ici le fruit d’années de travail minutieux sur la technique, la puissance et la gestion de course. À Shenzhen, son départ explosif, sa respiration parfaitement maîtrisée et son toucher millimétré ont constitué la combinaison gagnante.

À deux ans des Jeux de Los Angeles 2028, McEvoy envoie un message clair : le sprint mondial a changé d’ère, et il en est désormais le maître incontesté.