À la veille de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, le skeletoniste ukrainien Vladislav Heraskevych s’est dit honoré de porter haut les couleurs de son pays, tout en laissant transparaître une pointe d’amertume : en raison de la guerre, il ne sait pas si ses proches pourront suivre le défilé.
Vladislav Heraskevych, 27 ans, mènera vendredi soir la délégation ukrainienne lors du défilé inaugural à Milan, aux côtés de la patineuse de vitesse Yelyzaveta Sydorko. « C’est un grand honneur, pour moi mais surtout pour l’Ukraine. Je dirais même que c’est un honneur double, une immense responsabilité », confie-t-il à l’AFP. Le skeletoniste, qui s’apprête à participer à ses troisièmes Jeux d’hiver après Pyeongchang 2018 et Pékin 2022, mesure le symbole de ce moment pour son pays meurtri.
« Porter le drapeau, c’est un message fort : nous restons debout malgré la guerre, et nous sommes toujours présents parmi les meilleures nations », souligne l’athlète originaire de Kiev. Il pourra compter sur le soutien de ses parents, son père – également son entraîneur – et sa mère, réfugiée hors d’Ukraine. Pour le reste de sa famille, en revanche, l’incertitude demeure. « J’espère qu’ils pourront suivre la cérémonie, à condition qu’il y ait de l’électricité… Les coupures sont fréquentes, et la situation reste très difficile », explique-t-il.
Sur la glace de Cortina d’Ampezzo, Heraskevych nourrit de grandes ambitions. Quatrième des Mondiaux 2025 à Lake Placid, il vise clairement une médaille le 13 février prochain. « J’étais très proche du podium l’an dernier, donc oui, cette fois, l’objectif est d’en décrocher une. Et je pense que c’est possible », affirme-t-il, lui qui s’entraîne désormais entre l’Allemagne et la Lettonie. Le sportif, devenu symbole de résistance après son geste “No war” en 2022 à Pékin, espère désormais écrire une nouvelle page d’espoir pour son pays, sur la piste comme dans les cœurs.

