Le Brésil tient sa première médaille olympique d’hiver, et elle est en or.
Lucas Pinheiro Braathen, flamboyant skieur d’origine norvégienne, a remporté samedi à Bormio le slalom géant des Jeux de Milan-Cortina, devançant les Suisses Marco Odermatt et Loïc Meillard. À 25 ans, il offre à l’Amérique du Sud un triomphe inédit sur la scène glacée des Jeux d’hiver.
Sur la Stelvio, enneigée et rendue piégeuse par la pluie, Braathen a bâti sa victoire dès la première manche. Parties après tous les favoris, ses adversaires n’ont pu combler l’écart : près d’une seconde d’avance au premier passage, réduite à 58 centièmes au terme d’un second run parfaitement maîtrisé. Le Français Léo Anguenot a pris la sixième place.
Né à Oslo d’un père norvégien et d’une mère brésilienne, Braathen avait déjà marqué l’histoire en devenant, en novembre 2023 à Levi (Finlande), le premier Brésilien à remporter une épreuve de Coupe du monde de ski alpin. Son triomphe olympique prolonge une trajectoire hors normes. Icône singulière d’un milieu souvent conservateur, passionné de mode et de musique, il s’est imposé autant par son style que par son audace.
Cette victoire a également valeur de revanche. Aux Jeux de Pékin en 2022, le prodige n’avait franchi la ligne ni en géant ni en slalom. Entre-temps, il avait même annoncé sa retraite en larmes, en 2023, après un conflit avec la fédération norvégienne sur les droits d’image. Revenu à la compétition sous les couleurs du Brésil, le pays de sa mère, il signe aujourd’hui la plus belle page de sa carrière.
Braathen a clos la porte du succès à Marco Odermatt, champion olympique en titre et figure dominante du ski mondial depuis quatre ans. Le Suisse repart de Bormio avec trois médailles – en descente, super-G et géant – mais aucun titre, un bilan frustrant pour celui qu’on annonçait encore intouchable.
Le showman brésilien, devenu héros continental, aura désormais un autre défi : le slalom lundi, sur la même piste, où il visera un deuxième exploit.

