Tout juste auréolées de leur titre olympique, les hockeyeuses américaines ont poliment décliné l’invitation de Donald Trump à assister à son discours sur l’état de l’Union.
Une absence qui résonne bien au-delà du simple calendrier, sur fond de communication politique et d’image publique du président.
Un refus poli mais lourd de sens
Championnes olympiques depuis une semaine à peine, les joueuses de l’équipe américaine de hockey sur glace ont décidé de ne pas répondre favorablement à l’invitation présidentielle. Donald Trump espérait les voir dans l’enceinte du Congrès mardi soir, lors de son discours sur l’état de l’Union, mais elles ont invoqué des “engagements scolaires et professionnels” les empêchant de faire le déplacement.
“Nous sommes sincèrement reconnaissantes pour cette invitation et apprécions la reconnaissance de notre performance”, a précisé un porte-parole de USA Hockey. Une formule polie, mesurée, mais qui ne suffit pas à dissiper le sentiment d’un refus empreint de distance face à un président friand de symboles forts.
L’équipe masculine, également championne à Milan, a reçu une double invitation : assister au discours mardi, puis participer à une réception à la Maison-Blanche mercredi. À ce stade, aucune confirmation de leur présence n’a filtré.
Trump mise sur le sport pour redorer son image
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump cherche à capitaliser sur les succès sportifs américains pour renforcer son image d’unité nationale — notamment après une campagne électorale marquée par la division. Dimanche, il avait plaisanté lors d’un appel téléphonique retransmis sur les réseaux sociaux avec les hockeyeurs masculins : “Je devrais inviter l’équipe féminine, sinon je risque d’être destitué !”. Les rires dans la salle n’ont pas forcément masqué l’embarras du sous-texte.
Lundi, fidèle à son sens du spectacle, le président a partagé sur son réseau Truth Social une vidéo générée par l’intelligence artificielle le mettant en scène sur une patinoire, battant virtuellement le Canada et inscrivant le but victorieux. Une mise en scène qui a suscité autant de sourires que de critiques, dans un climat politique où chaque geste est analysé à la loupe.
En choisissant la distance, les hockeyeuses américaines prolongent une tradition d’équipes féminines décidant de ne pas s’associer ouvertement aux symboles politiques du moment. Leur choix, justifié par des “contraintes de calendrier”, s’inscrit pourtant dans une lecture plus large : celle d’une génération d’athlètes qui, sans confrontation frontale, savent marquer leurs positions avec calme et détermination.
