Devancés par les Français Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry en danse sur glace, Madison Chock et Evan Bates ont quitté la glace de Milan‑Cortina avec une médaille d’argent mais une amertume qui refuse de se calmer.
Les Américains, triples champions du monde en titre, se posent encore la question : comment une performance vécue comme une “parfaite” lecture de leur programme a‑t‑elle pu les laisser au pied du podium ? Leur sortie dans USA Today ne se contente pas de regretter un titre manqué, elle pointe du doigt un système de notation jugé opaque, qui laisse à la fois skieurs et fans face à une équation qu’ils ne parviennent plus à décoder.
Un système de notation qui divise autant qu’il note
Les chiffres, eux, se contredisent presque. La Française Jezabel Dabouis, déjà mise en cause après la danse rythmique, redevient centrale dans le débat après la danse libre. Elle accorde 137,45 points à Cizeron‑Fournier Beaudry, soit l’un des plus hauts scores de la soirée, et 129,74 à Chock‑Bates, la plus basse note du panel pour les Américains – un écart de 7,71 points, largement supérieur à la moyenne des autres juges. Et pourtant, plusieurs observateurs relèvent que la prestation de Bates‑Chock a été décrite comme quasi sans faille, tandis que celle des Français, magnifique sur le plan artistique, n’a pas été exempte de petites imperfections techniques. Résultat : la presse américaine vocifère, les réseaux sociaux s’enflamment et les questions de conflit d’intérêt resurgissent, même si les règles actuelles de l’ISU ont justement été conçues pour limiter ces dérives.
Quand la foi dans le sport se fissure sur la glace
Sauf que, derrière la fiche de notation, il y a aussi une histoire de corps, de timing et d’émotion. Les Américains ont parlé d’un “moment olympique” vécu comme une victoire, la sensation d’avoir extrait le meilleur d’eux‑mêmes sur la glace, ce que Guillaume Cizeron reconnaît et respecte dans ses propos auprès de RMC Sport. Il évoque une bulle, une préparation mentale solide pour encaisser les controverses, conscient que la pression tombe autant sur le couple que sur le système de juges. Le problème, c’est que chaque polémique autour d’une note donne l’impression que le sport triche avec lui‑même, et que la confiance, une fois ébranlée, est plus difficile à reconstruire que n’importe quel programme. Là, on ne sait pas encore si cela conduira à une réforme du système, mais on voit déjà comment la glorification de l’or de Cizeron‑Fournier Beaudry se délite à la surface d’un simple tableau de notes.


