Le Prix d’Amérique 2026 perd l’un de ses visages les plus emblématiques. Victime d’une grave chute à l’entraînement, Jean-Michel Bazire a annoncé qu’il ne serait pas en mesure de driver Jushua Tree lors de la grande course prévue le dimanche 25 janvier sur l’hippodrome de Vincennes Hippodrome. À quelques jours de l’épreuve reine du trot mondial, le « Zidane du trot » doit renoncer à un objectif majeur : aller chercher une sixième victoire historique dans le Prix d’Amérique.
Tout avait pourtant été parfaitement préparé. En grande forme cet hiver, Jushua Tree faisait figure de sérieux prétendant, et l’association avec Jean-Michel Bazire suscitait une immense attente dans le milieu des courses. Mais le vendredi 2 janvier 2026, lors d’une séance d’entraînement au domaine de Grosbois (Val-de-Marne), tout a basculé. Un accident dramatique impliquant un autre cheval, victime d’une rupture d’anévrisme, a provoqué une chute violente. Bazire a perdu connaissance et a été transporté pour examens, laissant planer un lourd doute sur sa participation au grand rendez-vous de l’hiver.
Dans sa chronique hebdomadaire publiée dans Paris Turf, le driver sarthois a levé toute ambiguïté. Son état de santé, bien plus sérieux qu’une simple fracture, l’empêche aujourd’hui de se projeter dans une course aussi exigeante. « À l’heure où je vous parle, il est absolument hors de question que je sois au départ du Prix d’Amérique. Avec une main qui ne fonctionne quasiment pas aujourd’hui, c’est tout simplement impossible », confie-t-il avec franchise. Le diagnostic évoque un traumatisme crânien à composante neurologique, nécessitant du repos et du temps. « Tout cela est cérébral. Il faut attendre que tout se résorbe », précise-t-il.
Lucide et fidèle à son franc-parler, Jean-Michel Bazire ne dramatise pas pour autant. À 54 ans, celui qui règne depuis des décennies sur le trot français adopte une philosophie pragmatique. « Si je ne retrouve pas toutes mes sensations, j’arrêterai de driver », lâche-t-il, sans détour. Pour Jushua Tree, la continuité sportive devrait toutefois être assurée : Nicolas Bazire, son fils, est pressenti pour prendre le relais au sulky. Un passage de témoin symbolique dans une course où l’émotion sera forcément au rendez-vous, même sans celui qui en est l’une des plus grandes légendes.
