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Segers en bronze, Bauchet au tapis : une journée contrastée pour les Bleus à Cortina

Jules SEGERS - Photo by Icon Sport

À Cortina d’Ampezzo, la délégation française a vécu un lundi en montagnes russes. Entre la joie du premier podium paralympique de Jules Segers et la chute inattendue d’Arthur Bauchet, la journée du super-G a résumé à elle seule la beauté et la cruauté du ski de haut niveau.

Jules Segers, 23 ans, n’a pas tremblé sur la piste italienne. En quête d’un exploit depuis ses débuts paralympiques à Pékin en 2022, le jeune skieur originaire du sud de la France a parfaitement maîtrisé son super-G pour décrocher le bronze, dans la catégorie debout. Quelques instants auparavant, sa compatriote Aurélie Richard avait offert à la France l’argent sur la même épreuve, confirmant la bonne dynamique tricolore à Milan-Cortina.

La consécration d’un espoir

Pour Segers, ce podium a le goût d’un aboutissement autant que d’un commencement. Victime d’un AVC dans l’enfance, il vit depuis avec une hémiplégie du côté droit. Ce handicap, loin de freiner sa progression, a forgé son tempérament de battant. Double médaillé de bronze aux Mondiaux de Maribor en 2025, fort de huit podiums en Coupe du monde cette saison — dont deux victoires en super-G en Autriche —, le Français confirme ce statut d’étoile montante de la discipline.

« C’est incroyable, j’ai tout donné. Ce bronze, c’est la récompense de beaucoup d’années de travail », a-t-il confié au bas de la piste, le sourire encore incrédule. Ce premier métal paralympique en poche, Segers offre à la France une cinquième médaille depuis le début des Jeux.

Mais la réussite de l’un n’efface pas la déception de l’autre. Arthur Bauchet, grand favori dans cette épreuve, a vu ses espoirs s’envoler après une faute technique dès le début du parcours. Un « intérieur débile », comme il l’a résumé, lucide et amer à la fois.

Bauchet veut rebondir rapidement

Invisible sur les classements mais bien présent dans les esprits, Bauchet n’a pas perdu son humour malgré la déception. « J’ai le pouce un peu de travers, mais ici, il y en a plein qui font sans ! », a-t-il lancé, souriant après sa mésaventure. Le quadruple champion paralympique, redoutable en vitesse, aura l’occasion de se rattraper dès mardi lors du combiné.

Son mental est intact, et sa glisse toujours affûtée. “Il faut que ça arrive aux Jeux”, avait-il soufflé, mi-serein, mi-frustré. Habitué aux podiums, il sait mieux que quiconque qu’un faux pas ne remet pas tout en cause, mais peut parfois relancer la flamme.

Entre la médaille de Segers et la chute de Bauchet, cette journée de super-G aura incarné l’essence même des Jeux : la ténacité, la solidarité, et cette frontière si mince entre le triomphe et la désillusion.

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