L’Ukraine boycotte la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques d’hiver de Milan-Cortina le 6 mars à Vérone, furieuse contre la décision du CIP d’autoriser six athlètes russes et quatre Bélarusses à concourir sous leur drapeau national. Un bras d’honneur symbolique qui n’empêchera pas ses para-athlètes de défendre leurs médailles sur la neige.
À Kiev, la colère gronde au sein du Comité national paralympique ukrainien. Dans un communiqué publié jeudi soir, il a officialisé le boycott de la cérémonie d’ouverture des 14e Jeux paralympiques d’hiver (6-15 mars), exigeant même que le drapeau bleu et jaune ne flotte pas lors de l’événement. Cette réaction survient deux jours après la volte-face du Comité international paralympique (CIP), qui lève l’exclusion imposée à la Russie et au Bélarus depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Un retour contesté sous bannière nationale
Mardi, le CIP a accordé dix invitations « bipartites » à ces nations paria : deux Russes en ski alpin (un homme, une femme), deux en ski de fond (mixte) et deux en snowboard (hommes) ; quatre Bélarusses en ski de fond (un homme, trois femmes). Fini le statut neutre imposé à Paris 2024, place aux couleurs nationales – une décision jugée « cynique » et « scandaleuse » par Kiev. « Ni la Russie ni le Bélarus n’ont suivi le processus de qualification normal », dénonce le communiqué ukrainien, indigné par cette réhabilitation sans sanction réelle.
L’Ukraine, habituée au podium (deuxième à Pékin 2022), ne capitule pas pour autant sur le terrain sportif. « Boycotter les compétitions reviendrait à offrir une victoire à Poutine », a martelé Valeriy Sushkevych, président du Comité paralympique ukrainien, à l’AFP mardi. Ses athlètes seront bel et bien présents pour les épreuves, déterminés à contrer l’agression russe par des performances. Glenn Micallef, commissaire européen au sport, apporte son soutien à cette fronde en snobant lui aussi la cérémonie.
La paix trahie, la lutte intacte
Ce bras de fer révèle les fractures du mouvement paralympique. À Pékin, sous le slogan ukrainien « La paix pour tous », l’IPC avait soutenu Kiev contre l’invasion. Quatre ans plus tard, accusé d’abandonner « les valeurs d’humanité et de démocratie », l’instance internationale essuie les critiques. Sushkevych ne mâche pas ses mots : « Nous continuerons à unir les nations contre la guerre. »
Ce boycott symbolique, sans impact sur les médailles, pose une question lancinante : le sport paralympique peut-il rester neutre face à la géopolitique ? L’Ukraine, résiliente, transforme sa colère en défi. Sur les pistes de Milan-Cortina, ses athlètes porteront plus qu’un dossard : un cri pour la justice.
