Le scandale Nassar, condamné en janvier dernier à une peine de prison à vie, a poussé le monde de la gymnastique à se demander comment le médecin déchu a pu agir pendant deux décennies sans avoir été découvert. L’ancien médecin de l’équipe nationale américaine Larry Nassar a été reconnu coupable d’avoir agressé sexuellement plus de 265 victimes – dont près de 160 gymnastes – pendant deux décennies.

Le président de la fédération internationale de gymnastique (FIG) espère pouvoir mettre en place prochainement une ligne d’assistance téléphonique pour les victimes de harcèlement sexuel. “Un athlète ou un parent d’athlète pourra appeler” le numéro de cette ligne n’importe où dans le monde, a déclaré mercredi à l’AFP lors des Jeux Asiatiques de Jakarta Morinari Watanabe. “Je pense que plus de 1000 personnes appelleront pour mentionner des faits de harcèlement sexuel” dans la première année de l’instauration de la ligne, a estimé Watanabe, espérant voir ce chiffre divisé par deux l’année suivante, puis à nouveau réduit de moitié l’année d’après. Le président de la fédération internationale de gymnastique (FIG) compte en effet sur l’existence de cette ligne pour dissuader certains agresseurs potentiels de passer à l’acte.

La mise en place de cette ligne d’assistance est l’une des mesures d’un plan global de la FIG visant à créer une Fondation d’éthique de la gymnastique, incluant un volet de protection, un volet disciplinaire et un volet de conformité. Ce plan sera soumis au vote des fédérations nationales membres en décembre.

En février, le Comité international olympique (CIO) avait mis en place une cellule d’aide aux victimes pour les JO d’hiver Pyeongchang afin d’offrir un soutien médical et psychologique aux victimes de harcèlement ou d’abus sexuels.

Après la condamnation de Nassar, d’autres scandales sexuels ont émergé dans le monde de la gymnastique. Un ancien entraîneur de l’équipe nationale brésilienne a été licencié en mai de son club après qu’une chaîne de télévision a publié des témoignages de plus 40 victimes masculines accusant Fernando de Carvalho Lopes. De premières accusations avaient fait surface il y a deux ans, mais l’entraîneur avait simplement été rétrogradé à un poste administratif. Pour le président de la FIG, il faut changer la culture de la gymnastique, les entraîneurs et autres membres du staff bénéficiant de trop de pouvoir sur les athlètes et leurs familles.