Du Bernabéu au green : Gareth Bale rallume une vieille mèche

Il y a des rivalités qui ne meurent jamais vraiment, elles changent juste de décor. Cette fois, Gareth Bale ne ressort pas les crampons mais les clubs de golf. Direction Bangkok, pour un tournoi baptisé Icons of Football, où l’ancien héros du Real Madrid mènera la Team World. Un événement à mi-chemin entre exhibition et grand barnum médiatique, comme le football moderne en raffole. Sur le papier, rien de compétitif. Dans les sourires, pourtant, on sent déjà poindre autre chose.

Et puis il y a cette petite phrase, glissée presque naturellement. Bale promet de « battre sévèrement les Anglais ». Une boutade, bien sûr. Sauf que quand on connaît le personnage, son rapport à la presse britannique et ses années à faire lever les sourcils en Premier League et ailleurs, la sortie n’est pas totalement anodine. En face, notamment, Theo Walcott, vieux rival d’une époque où chaque duel avait un goût particulier. Ce n’est plus Wembley, ce n’est plus la Ligue des champions, mais la mémoire collective fait le reste.

Ce qui intrigue, au fond, ce n’est pas tant le score final — on ne sait même pas vraiment comment il sera compté — que l’image renvoyée. Bale, retraité du football mais jamais vraiment éloigné de la lumière, assume ce rôle d’icône hybride, mi-sportif, mi-personnage public. Le golf est devenu son terrain d’expression, presque politique à sa manière. Certains y voient une reconversion maîtrisée, d’autres un simple plaisir prolongé. Les chiffres d’audience, eux, se contredisent déjà selon les marchés. Mais une chose est sûre : même sur un fairway, Gareth Bale trouve encore le moyen de rallumer une vieille mèche.