À Bahreïn, la jeune garde d’Andrea Kimi Antonelli et George Russell donne le ton, tandis que Toto Wolff s’agace des soupçons techniques pesant sur Mercedes à deux semaines du Grand Prix d’Australie.
Sakhir, désert brûlant et laboratoire technique à ciel ouvert. C’est ici, dans la poussière et la chaleur du circuit de Sakhir, que s’est poursuivie jeudi la deuxième salve des essais de pré-saison de Formule 1. À l’heure du bilan, Mercedes peut afficher un léger sourire : Andrea Kimi Antonelli, 19 ans à peine, s’est offert le meilleur chrono du jour, un souffle devant la McLaren d’Oscar Piastri et la Red Bull de Max Verstappen.
L’Italien, qui vit sa première expérience complète en F1, a bouclé son meilleur tour en 1’32’’803, confirmant la bonne santé d’une W15 que beaucoup disaient en retard dans son développement. Accroché à 58 millièmes seulement, Piastri a rappelé que McLaren restait la référence du moment, double championne du monde en titre. Verstappen, plus concentré sur la régularité et la fiabilité de sa nouvelle monoplace, a aligné 139 tours pour le troisième temps de la journée.
Wolff monte dans les tours
Mais derrière les chronos flatteurs, Mercedes doit composer avec un climat électrique. Mis en cause par plusieurs concurrents sur de supposées irrégularités techniques — un taux de compression moteur excessif et des carburants non conformes —, Toto Wolff a vu rouge. Face aux médias, le patron autrichien a balayé ces soupçons avec une colère peu contenue, fustigeant des accusations « complètement absurdes » et des « inventions grotesques ». Une saillie qui reflète la pression déjà palpable à deux semaines du Grand Prix de Melbourne, premier rendez-vous de la saison marquée par une refonte majeure du règlement moteur et aérodynamique.
Dans ce contexte tendu, Wolff sait que chaque détail compte. « Nous avons beaucoup travaillé sur la fiabilité et la transition vers l’hybride à 50%. Cela se joue au micron près », confie un membre de l’équipe, conscient que Mercedes n’a plus le droit à l’erreur après deux années d’anonymat face à McLaren et Red Bull.
Ferrari en difficulté, surprises au milieu du peloton
Chez Ferrari, la journée a été plus compliquée. Lewis Hamilton, désormais vétéran à 41 ans, a perdu de précieuses heures de roulage en raison d’un problème technique survenu dès la matinée. L’ancien champion a tout de même signé le quatrième temps, à six dixièmes d’Antonelli, grâce à une dernière heure intense. « Ce n’était pas une journée parfaite, mais nous avons fini plus forts que nous n’avons commencé », a résumé Hamilton, mesuré mais lucide.
Derrière les cadors, quelques éclaircies ont animé le classement. Franco Colapinto (Alpine) a créé la surprise avec le sixième temps, juste devant Nico Hülkenberg (Audi). Esteban Ocon, désormais chez Haas, s’est invité dans le top 10. En revanche, chez Aston Martin, la situation commence à inquiéter : Fernando Alonso a dû stopper sa monoplace pour une nouvelle panne moteur Honda, terminant avant-dernier, à plus de quatre secondes du meilleur temps du jour.
À mesure que Bahreïn referme ses essais, une impression se dégage : Mercedes est de retour dans le jeu, McLaren reste solide, Red Bull s’observe, et Ferrari cherche la clé. La hiérarchie réelle, elle, ne se dessinera qu’à Melbourne — mais déjà, la guerre psychologique est lancée.
