F1 : la « bombe Newey » secoue Aston Martin avant le Grand Prix d’Australie

Retard aérodynamique, moteur compacté à l’extrême avec Honda et absence d’un outil clé de simulation : à quelques jours du lancement de la saison 2026 de Formule 1, Aston Martin traverse une zone de turbulences inquiétante.

La nouvelle Aston Martin AMR26 n’a pas démarré comme espéré. À cinq jours du Grand Prix d’Australie, l’écurie de Lawrence Stroll fait face à des problèmes bien plus profonds que de simples chronos décevants en essais. Le tournant remonte à l’arrivée d’Adrian Newey en mars 2025. Le modèle 2026 n’a pu entrer en soufflerie qu’à la mi-avril, alors que plusieurs rivaux avaient commencé dès janvier. Résultat : près de quatre mois de retard dans une discipline où chaque semaine de développement compte double.

L’impact de Newey ne s’est pas limité à l’aérodynamique. Selon Honda, presque tout a été revu autour du moteur : intégration, périphériques, assemblage et surtout un empaquetage extrêmement compact exigé par l’équipe. La batterie a même été repensée sur deux niveaux pour réduire l’encombrement. Problème : ces modifications ont été décidées alors que le calendrier était déjà sous pression, entraînant une refonte précipitée et complexe du projet.

Les essais de Bahreïn ont ensuite révélé des « vibrations anormales » et des soucis d’intégration entre le moteur et la boîte de vitesses. Les dirigeants de Honda ont reconnu travailler en urgence pour corriger la situation avant Melbourne. En parallèle, l’organisation interne d’Aston Martin a été bousculée par l’arrivée du célèbre ingénieur britannique : redistribution des rôles, nouvelles responsabilités et canaux techniques modifiés en pleine conception de la monoplace.

Enfin, un détail technique pourrait avoir pesé lourd : Aston Martin ne disposait pas de VTT (Virtual Track Test), un outil de simulation utilisé par les top teams pour valider l’intégration complète de la voiture avant même de rouler. McLaren et Red Bull l’avaient lors de leurs collaborations avec Honda, pas Aston Martin. Sur la piste de Sakhir, cela s’est vu : rétrogradages mal synchronisés, comportement instable au freinage, signes d’un travail encore inachevé. Comme l’a résumé un responsable de Honda : « Honda a souffert, mais l’équipe a souffert encore davantage. »