Après une saison 2025 cauchemardesque, conclue à la dernière place du championnat des constructeurs, Alpine veut tourner la page.
L’écurie française a présenté vendredi à Barcelone sa nouvelle monoplace de Formule 1, symbole de renouveau et d’ambitions retrouvées, avec l’objectif clair de se battre chaque week-end pour les points.
C’est à bord d’un paquebot de la compagnie MSC Croisières, l’un de ses principaux partenaires, que l’équipe a levé le voile sur sa voiture 2026. Fidèle à son identité visuelle, Alpine conserve le mélange de bleu et de rose, mais promet bien plus qu’un simple coup de peinture.
Après avoir délibérément mis entre parenthèses la saison passée pour concentrer tous ses efforts sur le développement de cette monoplace adaptée aux grandes réformes techniques de 2026, Alpine a pris un pari audacieux. Dotée désormais d’un moteur Mercedes, la voiture marque une rupture stratégique.
« Nous avons environ quatre ou cinq mois d’avance, car beaucoup d’équipes ont continué à développer leur voiture 2025 jusqu’à la fin », a expliqué Flavio Briatore, le conseiller exécutif d’Alpine. « Et nous bénéficions du meilleur moteur du plateau. » L’Italien espère replacer la structure tricolore – désormais intégralement basée en Angleterre – dans la première moitié de la grille, alors qu’une onzième équipe, Cadillac, rejoint le championnat cette année.
Briatore ne cache pas ses ambitions : « On veut être dans le top 6, se battre à chaque Grand Prix, marquer des points, et pourquoi pas viser quelques podiums. »
Ces déclarations s’accompagnent néanmoins de nombreuses inconnues. La nouvelle réglementation impose en effet des monoplaces plus petites et plus légères, dotées d’un système hybride revu en profondeur : la part d’énergie électrique sera portée à 50%, et les moteurs fonctionneront désormais avec un carburant 100% durable.
« Nous sommes réellement repartis d’une page blanche, et c’est une excellente chose », reconnaît David Sanchez, le directeur technique d’Alpine. « Cela nous a permis de repenser de nombreux aspects fondamentaux du concept. »
Les prochaines semaines seront décisives. Neuf jours d’essais sont programmés avant le premier Grand Prix de Melbourne début mars : trois à Barcelone dès la semaine prochaine, puis deux sessions à Bahreïn mi-février. « Notre plan de tests est clair : d’abord valider le bon fonctionnement et la fiabilité, puis explorer la performance », précise Sanchez.
Côté pilotes, l’adaptation s’annonce essentielle. Pierre Gasly sait déjà que la prise en main de cette voiture à motorisation partiellement électrique demandera un nouvel apprentissage. « Elle sera moins rapide dans les virages mais probablement plus efficace en ligne droite, avec des zones de freinage plus longues. Il faudra retrouver de nouveaux repères », confie-t-il.
Le Normand, qui s’apprête à disputer sa dixième saison de F1, respire un enthousiasme retrouvé : « J’ai beaucoup d’attentes et je fais confiance à notre staff technique. Ça fait des mois que j’attends ce moment. J’ai hâte de voir jusqu’où ce travail collectif peut nous mener. »

