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Youssouf Fofana ne croit qu’à moitié à un retour chez les Bleus

Youssouf Fofana - AC Milan - Photo by Icon Sport

Éloigné des Bleus depuis plus d’un an, Youssouf Fofana n’a pas perdu son ambition. Le milieu de terrain du Milan AC garde dans un coin de sa tête la Coupe du monde 2026, tout en reconnaissant que son ticket pour l’Amérique reste loin d’être garanti.

Depuis sa dernière apparition en octobre 2024, Youssouf Fofana a appris à composer avec l’absence. À 27 ans, celui qui compte 25 sélections avec l’équipe de France n’est plus dans les plans de Didier Deschamps, mais il refuse d’en faire une blessure d’ego. Dans une interview à L’Équipe, l’ancien Monégasque a livré un témoignage rare de lucidité : « Au début, je le vivais mal, je me demandais pourquoi je n’étais pas appelé. Puis j’ai regardé les matchs, vu la concurrence, et je me suis dit que l’équipe tournait bien, avec ou sans moi. »

Entre concurrence féroce et remise en question

La prise de recul du Milanais tranche avec le discours souvent entendu chez les joueurs écartés. Pas d’amertume ni de revendication, mais une forme de réalisme teintée d’humilité. « Je ne suis pas le centre du monde, même avec 25 sélections. Je n’ai pas estimé devoir appeler le sélectionneur pour savoir pourquoi je n’étais plus là », admit-il. Des mots simples qui traduisent une maturité forgée par les années et les expériences contrastées du haut niveau.

Sous les couleurs du Milan AC, Fofana a connu un début de saison en demi-teinte avant de retrouver davantage de constance depuis février. Dans un milieu de terrain français ultra-compétitif – où Tchouaméni, Camavinga, Rabiot ou encore Zaïre-Emery s’imposent comme des références – le timing devient crucial. Le Mondial 2026 approche à grands pas, et l’ancien capitaine du Rocher sait qu’un retour ne pourra se faire qu’à la force de son rendement.

« Est-ce que je peux me permettre d’y croire ? Oui, mais il faut que je finisse mieux la saison que je ne l’ai commencée », a-t-il confié sans détour. Une phrase qui sonne comme un manifeste personnel : travailler, performer, et laisser le reste au mérite sportif. Fofana ne réclame rien, il veut convaincre entre les lignes, loin des projecteurs.

Son cas illustre à merveille la densité du réservoir français. Là où d’autres se seraient découragés, le milieu milanais préfère rester en mouvement. « Si la saison s’arrêtait aujourd’hui et que je n’étais pas appelé, je n’en ferais pas une histoire », glisse-t-il, avant de rappeler que « d’autres ont été constants tout au long des qualifications ».

Raisonné mais pas résigné, Youssouf Fofana garde cette flamme qui distingue les compétiteurs des spectateurs. Et si, au détour d’un été américain, le destin lui offrait un rappel inespéré, personne ne serait vraiment surpris de revoir ce joueur de devoir retrouver le bleu du maillot national.

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