Huit ans après son dernier passage sur le banc du FC Nantes, Vahid Halilhodzic reprend les commandes d’un club en danger. À 73 ans, le technicien bosnien revient avec l’envie de réveiller une équipe en perdition et de prolonger encore un peu sa belle histoire avec les Canaris.
Lorsqu’il a décroché son téléphone pour répondre aux dirigeants nantais, Vahid Halilhodzic savait que sa vie tranquille loin du football allait prendre fin. L’ancien sélectionneur de l’Algérie et du Maroc avait pourtant promis de tourner la page, de profiter enfin du repos mérité après un quart de siècle de carrière sur les bancs. Mais à la mention de Nantes, son cœur a parlé plus fort que la raison.
« Depuis trois jours, ils m’ont contacté. Je ne voulais pas en entendre parler au départ, j’avais décidé de m’éloigner du football. Mais c’est Nantes… Je ne pouvais pas refuser », a-t-il confié au Figaro avec l’émotion qu’on lui connaît.
Un lien indestructible avec les Canaris
Pour les supporters nantais, Halilhodzic n’est pas un entraîneur comme les autres. Il est une figure tutélaire, celle qui avait redonné vie au club entre 2018 et 2019 avant de claquer la porte dans un contexte tendu avec la direction. Sa première aventure à la Beaujoire reste marquée par un maintien arraché contre vents et marées, un symbole de caractère et de passion.
« J’ai promis qu’on va tout tenter. On va beaucoup travailler et essayer d’améliorer beaucoup de choses pour sauver ce grand club », a encore assuré le coach. Fidèle à son style direct et exigeant, il ne promet pas de miracles, mais un réveil fondé sur la rigueur et l’abnégation.
Ce retour constitue aussi un pari risqué pour les deux parties. Le FC Nantes, englué dans la zone rouge de Ligue 1, cherche un électrochoc après une série noire qui a précipité le départ de son précédent entraîneur. Et Halilhodzic, habitué aux missions commando, repart dans la mêlée avec la volonté de faire vibrer encore une fois un public qu’il affectionne.
« Ce club a toujours été particulier pour moi, confie-t-il. Ici, j’ai vécu de grandes émotions. Je n’ai jamais oublié les chants du stade, les regards des supporters. » Des mots simples, mais puissants, qui rappellent qu’entre lui et Nantes, l’histoire dépasse le cadre du sport.
Le défi sera immense, mais « Vahid » en a connu d’autres. Ses méthodes parfois abruptes, son franc-parler et son goût pour la discipline pourront-ils suffire à inverser la tendance ? Ce qui est certain, c’est que son retour redonne un espoir à tout un club, et qu’à la Beaujoire, on rêve déjà de revivre le miracle Halilhodzic.

