À Marbella, Habib Beye s’est employé à relancer un Olympique de Marseille en perte de vitesse. Plus qu’un stage, ce séjour sous le soleil espagnol marque les premiers pas d’un technicien qui veut réconcilier intensité, confiance et identité.
Après des semaines plombées par la tension et les contre-performances, l’OM a choisi de s’exiler à Marbella pour souffler. Au programme : entraînements rythmés, discussions à cœur ouvert et retour aux fondamentaux. Officiellement intronisé le 18 février, Habib Beye a trouvé un groupe fatigué, secoué par la spirale des mauvais résultats. Battu pour sa première à Brest (0-2), le Sénégalais avait besoin de rebâtir des fondations solides avant de parler résultats.
Un bol d’air pour repartir de zéro
Sous le ciel andalou, le mot d’ordre a été clair : l’intensité. L’ancien défenseur a martelé ce principe à chaque séance, persuadé que son équipe doit “jouer plus vite, plus fort, plus juste”. Ce choix, plus vertical et énergivore que le jeu de possession de Roberto De Zerbi, demande un engagement physique total. “C’est un projet qui réclame plus d’énergie, donc plus de préparation mentale et physique”, glisse un proche du groupe.
Mais pour Beye, ce n’est pas qu’une question de jambes. L’homme a compris qu’avant de changer le jeu, il fallait réparer les esprits.
Retisser le lien avant la bataille
Multipliant les entretiens individuels, Beye a pris le temps d’écouter, de questionner, de valoriser. À Marbella, les discussions ont parfois duré plus longtemps que les séances vidéo. L’objectif : redonner confiance à un vestiaire fragilisé, remotiver les leaders, recréer un esprit collectif miné par la crise. “Il parle vrai, il rassure, tout en exigeant beaucoup”, confie un proche du club.
Le nouveau coach n’a pas cherché le grand soir tactique dès son arrivée. À Brest, il avait opté pour un 4-2-3-1 classique, sans bouleversements majeurs. Cette approche pragmatique devrait perdurer : Beye veut d’abord adapter son système aux qualités de ses joueurs, pas l’inverse. Une philosophie qui tranche avec certains dogmatismes récents et séduit déjà dans le vestiaire.
“Les joueurs ont besoin de repères simples et d’un cadre clair”, a-t-il expliqué à son staff. Et à Marbella, tout est parti de là : clarifier les rôles, rétablir la communication, retrouver du plaisir à jouer ensemble.
Place au test lyonnais
Le vrai examen arrive ce dimanche au Vélodrome contre l’Olympique Lyonnais. Pour Beye et ses hommes, ce choc a valeur de révélateur : les progrès mentaux et tactiques devront se traduire sur le terrain. L’OM espère que son séjour en Espagne n’aura pas été qu’une parenthèse, mais bien le point de départ d’un renouveau collectif.
À défaut d’avoir encore tout reconstruit, Habib Beye a posé les premières briques : intensité, confiance, humilité. Des bases simples, mais souvent les plus efficaces pour relancer une équipe en quête d’âme.
