Tottenham traverse des eaux agitées. Nue sous les projecteurs de la Premier League, l’équipe londonienne s’est inclinée (1-3) contre Crystal Palace jeudi soir, enregistrant là sa cinquième défaite consécutive.
Trois revers en trois matchs depuis l’arrivée d’Igor Tudor, et une inquiétante descente au classement : les Spurs ne comptent plus qu’un point d’avance sur la zone rouge. Pourtant, au cœur de la tempête, le technicien croate refuse de céder à la panique.
« Le bateau va dans la bonne direction »
Face aux micros, Tudor a affiché une sérénité désarmante, presque paradoxale compte tenu du naufrage collectif visible sur le terrain. « Peut-être que cela semblera étrange, mais j’y crois plus après ce match que je ne le croyais avant », a-t-il lancé après la rencontre. Pour l’ancien entraîneur de l’Olympique de Marseille, cette défaite n’est pas le signe d’un échec à venir, mais plutôt un passage obligé dans le processus de reconstruction qu’il tente d’imposer.
Sous ses ordres depuis seulement quelques semaines, Tottenham peine encore à assimiler les principes de jeu exigeants du Croate : pressing haut, transitions rapides, intensité constante. Des idées qui demandent du temps, mais que les supporters, eux, n’ont plus vraiment la patience d’attendre. Dans les travées du Tottenham Hotspur Stadium, les sifflets doublent désormais les applaudissements, symbole d’une foi vacillante.
Tudor, lui, assume et persiste. Son discours martial en dit long : « Je dois choisir les bons gars parce que le bateau va dans la direction que je veux. Ceux qui veulent rester à bord, restent. Les autres peuvent partir. » Un message clair envoyé à un vestiaire où certains cadres semblent peiner à suivre la cadence.
Neuf journées restent à disputer, neuf chances de redresser la barre avant la fin de saison. Si la mission relève déjà du défi, Tudor paraît convaincu que ce type de crises forge l’esprit collectif. L’an dernier, à Marseille, il avait déjà connu un démarrage sous tension avant de rallier les supporters à sa manière : par le travail et par les résultats.
Mais l’Angleterre n’est pas la France, et Tottenham, englué dans le doute depuis plusieurs saisons, n’offre pas la même stabilité. Entre les blessures, la perte de repères offensifs depuis le départ de Harry Kane, et une équipe encore en quête d’identité, le chantier s’annonce colossal.
Et c’est là, sans doute, tout le paradoxe d’Igor Tudor : un entraîneur rigoureux et exigeant, parfois rugueux, qui croit dur comme fer que la discipline finira par payer. Peut-être trop tard pour sauver cette saison, mais suffisamment tôt pour bâtir quelque chose de durable. À condition que le club, lui aussi, accepte de naviguer un temps dans la tempête.

