Sous pression après un début de mandat catastrophique, Igor Tudor a été sauvé in extremis par un but de Richarlison à la 90e minute face à Liverpool (1-1). Un point au goût de répit pour l’entraîneur croate, toujours sur le fil avant une semaine cruciale pour l’avenir des Spurs.
Tottenham a frôlé l’implosion dimanche soir à Anfield. Menés logiquement par Liverpool, les Spurs semblaient filer vers une cinquième défaite consécutive sous les ordres d’Igor Tudor, nommé il y a un mois pour redonner un souffle à une équipe en perdition. Mais dans les tout derniers instants, Richarlison a jailli. Un but à la 90e minute, un cri de rage, et soudain tout a changé : de l’humiliation annoncée à une bouffée d’air inespérée, le Brésilien a offert un point et peut-être quelques nuits de plus à son entraîneur sur le banc londonien.
Une bouée avant la tempête
Ce nul, arraché avec les tripes, n’efface pas la série noire du Croate : quatre revers d’entrée, des critiques virulentes sur son style de jeu trop rigide et une équipe en panne de confiance. Selon plusieurs médias anglais, une nouvelle défaite aurait scellé son sort dès dimanche soir. Le déplacement à Anfield ressemblait donc à un chantier de la dernière chance. Mais Tudor, qui n’a pas ménagé ses gestes ni sa voix sur le bord du terrain, a vu ses hommes se battre enfin avec un sursaut d’orgueil attendu depuis son arrivée.
Tottenham reste pourtant scotché dans la deuxième moitié du classement, en pleine lutte pour le maintien — une situation inimaginable il y a encore quelques mois. Dans les travées du club, on évoque un vestiaire encore divisé, certaines stars ne semblant pas totalement convaincues par le discours du coach. Mais ce point obtenu en terre hostile peut, à défaut de tout régler, marquer un début de réaction.
Une semaine décisive à venir
Le répit sera bref. Dès mercredi, Tottenham disputera le match retour des huitièmes de finale de Ligue des Champions contre l’Atlético Madrid. Battus 5-2 à l’aller, les Spurs n’ont pratiquement aucune chance de se qualifier, mais Tudor, lui, joue beaucoup plus que sa place en quart de finale : il joue sa crédibilité. Une nouvelle débâcle européenne pourrait relancer les discussions internes sur un éventuel changement d’entraîneur.
Et comme si cela ne suffisait pas, le week-end prochain réserve une autre épreuve. Nottingham Forest se déplacera à Londres pour un duel capital dans la course au maintien. Là encore, l’entraîneur croate n’aura pas le droit à l’erreur. Si Tottenham glisse à nouveau, la symbolique égalisation de Richarlison à Anfield pourrait vite apparaître comme le simple sursis d’un technicien dont la mission s’érode jour après jour.
Mais en Premier League, un seul match peut tout changer. Et Tudor, toujours debout malgré la tempête, en sait désormais quelque chose.


