À 41 ans, Thiago Silva s’accroche à son ultime rêve : disputer la Coupe du monde 2026. Entre la nostalgie des grandes soirées et la froideur du temps qui passe, le capitaine sans brassard joue peut-être sa dernière partition.
Revenu en Europe cet hiver, Thiago Silva ne joue plus pour l’argent ni même pour la gloire. Son moteur, c’est la flamme, ce petit reste d’orgueil que seuls les très grands savent transformer en carburant. À Porto, le défenseur brésilien retrouve un environnement compétitif, un vestiaire jeune, parfois trop, où sa voix porte encore. Ses jambes un peu moins, certes, mais sa lecture du jeu reste chirurgicale. Et quand Francesco Farioli souffle que son joueur “rêve encore du Mondial”, on comprend qu’à six mois de la grande messe, tout reste possible, ou presque.
La force des symboles face au poids du temps
Le problème, c’est qu’en Seleção, la hiérarchie ne l’attend plus. Marquinhos, Gabriel, Militão, Bremer… les noms changent, les générations se succèdent, et le Brésil n’a plus besoin d’un guide nostalgique, du moins sur le papier. Sauf que Carlo Ancelotti n’est pas homme à balayer la loyauté d’un revers de main. Entre les deux, il y a l’histoire, Milan, la confiance. Alors oui, le sélectionneur italien observe, sans promettre. Car à ce niveau-là, c’est le terrain qui parle. Et le terrain, Thiago Silva entend encore lui répondre.
Cette obstination, certains la jugent romantique, d’autres un brin illusoire. Mais c’est bien ce mélange d’orgueil et de dignité qui fait durer la légende. Personne ne peut prédire la suite. Peut-être qu’en juillet, son nom ne figurera même pas dans la liste. Peut-être qu’un contre favorable, une blessure, une intuition d’Ancelotti suffiront à rouvrir la porte. Une dernière danse, ou un dernier refus ? Le rêve, lui, reste vivant — et ça, même le temps ne peut le lui enlever.
