À 25 ans, Estéban Lepaul incarne la réussite méthodique du Stade Rennais. Derrière ses 12 buts en Ligue 1, une obsession presque maladive du but. L’attaquant avoue ne pouvoir passer une journée sans marquer, même à l’entraînement.
Estéban Lepaul n’est pas seulement un attaquant en réussite, il est un perfectionniste en quête permanente de sensations. Sur les pelouses rennaises, chaque frappe, chaque geste, chaque occasion ratée devient une affaire personnelle. En 23 matchs cette saison, son efficacité – déjà 12 buts en championnat – témoigne d’un travail invisible, presque obsessionnel. “Si je n’ai pas ma dose quotidienne de buts à l’entraînement, je rentre frustré”, a-t-il confié lors d’un échange avec Smaïl Bouabdellah pour Ligue 1+. Dans sa bouche, ces mots révèlent une compulsion plus qu’une simple passion.
Dans la tête d’un « accro » au but
Pour Lepaul, marquer n’est pas qu’un objectif, c’est une nécessité. “Quand on fait une séance où il n’y a que du jeu, sans situation de finition, il faut que je reste après pour marquer”, explique-t-il sans détour. Ce besoin de trouver les filets devient un rituel quasi thérapeutique. Là où certains se détendent en fin de séance, lui reste pour frapper encore et encore, jusqu’à atteindre ce sentiment de “complétude” que seul un but procure. “J’ai besoin de cette dose quotidienne de buts, c’est psychologique, c’est ma drogue à moi”, ajoute-t-il.
À Rennes, cette mentalité séduit. Le staff loue son implication, son envie de se perfectionner et sa communication constante avec les préparateurs. “Estéban a cette exigence de haut niveau, celle de toujours vouloir faire mieux. C’est contagieux dans un vestiaire”, souffle un membre du staff. Sur le terrain, cela se traduit par une agressivité positive dans la surface, un instinct développé pour sentir les bons coups et une précision chirurgicale devant le but.
Dans un club où la progression des jeunes talents reste au cœur du projet, Lepaul incarne une forme de réussite modèle. Sans pedigree flamboyant ni transfert record, il s’est imposé par le travail, la répétition et cette fameuse “drogue du but”. Son obsession, paradoxalement, alimente la sérénité offensive rennaise. Une addiction qui, pour l’instant, fait le bonheur de tout un club.

