0-1 au match aller, mais une domination statistique, un xG favorable et un vestiaire qui y croit : le Sporting CP débarque à Londres avec des arguments concrets. La presse portugaise ne parle pas de miracle — elle parle de logique.
Au Estádio José Alvalade, les Leões ont fait mieux qu’y croire : ils ont dominé. Plus d’occasions créées, un expected goals supérieur à celui d’Arsenal, et finalement un but encaissé sur un éclair tardif de Havertz qui a trahi une prestation globalement solide. C’est ce paradoxe — perdre sans avoir mérité de perdre — qui nourrit l’optimisme affiché dans la presse portugaise. Record titre sans détour « Há boas razões para acreditar », et les voix qui s’élèvent ne sont pas celles de l’espoir aveugle. Francisco Rodrigues dos Santos parle d’un match équilibré et d’une qualification à portée, quand Rui Borges, homme de confiance du staff, enfonce le clou : « L’éliminatoire est ouverte. Ce groupe est fait pour les choses difficiles. » Un seul but à remonter à l’Emirates, contre une équipe que le Sporting a su tenir — statistiquement au moins — pendant 80 minutes.
L’histoire récente plaide aussi pour les Verts. La remontée face à Bodø/Glimt a démontré que ce Sporting sait souffrir et renverser des situations compromises, et Arteta lui-même a refusé de considérer la qualification comme acquise : « Avec le niveau du Sporting, il reste beaucoup à jouer. » Une prudence qui en dit long. Les absences potentielles — Suárez notamment, suspendu — et la forme canon des Gunners constituent des obstacles réels, que ni A Bola ni RTP ne minimisent. Mais un déficit d’un but, une dynamique collective intacte et un adversaire qui reconnaît publiquement le danger : le Sporting a vu des portes plus fermées que celle-là. Londres n’est pas une mission impossible — c’est une mission à leur mesure.
