Simeone tacle Yamal les deux pieds décollés : “La réalité, c’est nous en demies, lui à la maison” !

Après l’élimination du FC Barcelone par l’Atlético de Madrid en quarts de finale de la Ligue des champions, le coach argentin a recadré, avec sa froideur habituelle, l’enthousiasme médiatique suscité par le prodige catalan. Une déclaration qui fait déjà le tour du monde.

Il n’avait pas fallu trois minutes à Lamine Yamal pour ouvrir le score et faire vibrer le Camp Nou. Un but précoce, un geste de classe, et aussitôt les tribunes et les réseaux sociaux s’enflammaient pour couronner l’enfant prodige du Barça roi d’Europe. Sauf que l’Atlético de Madrid, au terme des deux manches, a validé son billet pour les demi-finales. Et Diego Simeone, lui, n’a pas oublié de le rappeler.

« C’est un bon garçon avec beaucoup de talent. Il a demandé un un-contre-un hier, il a marqué à la troisième minute, et les médias veulent déjà le couronner roi d’Europe. Mais dans le football, la seule chose qui compte, c’est qui sera au tirage au sort demain matin. La presse voudrait que je sois terrifié par un adolescent parce qu’il fait des dribbles et donne des interviews pleines d’assurance. S’il vous plaît. Pendant une décennie, j’ai dû rester sur le banc et voir Cristiano Ronaldo inscrire des triplés pour réellement éliminer mon équipe de cette compétition. Ça, c’est une vraie terreur. Lamine a joué un match magnifique ce soir, mais la réalité, c’est que nous allons en demi-finales, et lui rentre chez lui pour nous regarder à la télévision. Il y a une grande différence entre jouer un beau match et être un cauchemar. »— Diego Simeone, conférence de presse d’après-match

La sortie de Simeone dit beaucoup sur sa philosophie : le résultat prime sur le spectacle, le collectif sur l’individu, et les faits sur le récit médiatique. En convoquant le spectre de Cristiano Ronaldo — ses triplés, ses nuits où l’Atlético pliait vraiment — le technicien argentin place Yamal dans une perspective qui se veut lucide autant que piquante. Reconnaître le talent du jeune Barcelonais tout en refusant d’en faire une menace existentielle : c’est peut-être la forme de respect la plus froide qui soit. Et la plus efficace, quand c’est l’Atlético qui avance, et Barcelone qui regarde.