Le monde du football s’est levé pour applaudir le PSG-Bayern Munich. Diego Simeone, lui, a regardé la même image avec d’autres yeux.
Au lendemain du spectaculaire 5-4 entre Parisiens et Bavarois — que beaucoup s’accordent déjà à ranger parmi les plus grands matchs de l’histoire de la Ligue des Champions — le technicien de l’Atlético Madrid a tempéré l’enthousiasme général avec la froideur caractéristique d’un entraîneur formé à l’école de la rigueur défensive.
« Quand un match se termine sur un score de 5-4, tout le monde dit : ‘Quel beau match !’ Moi, je dis : ils nous ont marqué cinq buts », a-t-il lâché au micro d’Amazon Prime, au lendemain du nul entre son Atlético et Arsenal (1-1) en demi-finale retour. Avant de concéder, non sans ironie : « Je ne sais pas si c’est un si bon match pour nous, les entraîneurs, mais à la télévision, c’était évidemment magnifique. »
La formule est courte, mais elle dit tout. Pour Simeone — dont l’identité tactique repose depuis quinze ans sur la solidité défensive et le contrôle du risque — cinq buts encaissés en un match de C1 ne sont pas un spectacle, ce sont cinq erreurs. Peu importe les cinq marqués en face.
Une lecture qui tranche avec l’euphorie collective, et qui rappelle, au fond, pourquoi l’Atlético n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il ennuie.

