À l’heure où la hiérarchie des gardiens français semble en mouvement, Robin Risser s’invite sereinement dans la conversation.
Ce samedi face à l’AS Monaco, le jeune portier du RC Lens (21 ans, 22 matchs de Ligue 1 cette saison) sera particulièrement observé : dans les tribunes, Franck Raviot, entraîneur des gardiens de l’équipe de France, aura les yeux braqués sur lui. À quatre mois du Mondial, le prometteur alsacien s’approche doucement du cercle des Bleus.
“Bien sûr que j’y pense un peu, c’est un rêve pour tout joueur”, a-t-il reconnu sur beIN Sports, sans tomber dans l’obsession. “Si cela arrive cet été, ce serait une belle surprise, mais si c’est plus tard, ce sera tout aussi bien. Le sélectionneur fera ses choix, moi je me concentre sur mon travail.” Avec son calme habituel, Risser refuse de se laisser emporter par la ferveur médiatique. “Il y a un an, si on m’avait dit que je serais évoqué pour l’équipe de France, je n’y aurais pas cru. C’est flatteur, mais je ne m’attarde pas là-dessus.”
Une génération en mouvement
Si la présence de Raviot dans les gradins lensois attire l’attention, c’est aussi parce que la situation de Lucas Chevalier au Paris Saint-Germain a changé la donne. Le Lillois formé au club nordiste, devenu Parisien l’été dernier, a perdu sa place de titulaire ces dernières semaines. Une inflexion qui pourrait soudainement ouvrir la porte à de nouvelles têtes pour Didier Deschamps, toujours attentif à la dynamique du moment.
Mais Robin Risser refuse de voir dans cette évolution une opportunité à exploiter au détriment de son concurrent. “Je souhaite à Lucas de retrouver sa place, il reste un excellent gardien de ce championnat et un très bon gardien français”, a-t-il tenu à souligner avec élégance. “Il mérite de jouer, comme d’autres. On pousse tous dans le même sens : faire avancer le niveau des gardiens français.”
Depuis son arrivée à Lens en 2024, l’ancien Strasbourgeois s’est imposé avec une maturité surprenante. Ses réflexes sur la ligne, sa lecture des trajectoires et sa relance propre séduisent les observateurs. Surtout, il dégage une assurance rare pour son âge, sans jamais céder à la tension. “C’est un garçon travailleur, équilibré, qui ne se projette pas trop loin”, glisse un proche du vestiaire artésien. Un profil qui colle bien à l’esprit que Deschamps aime trouver dans ses groupes.
La patience comme arme
Qu’il soit ou non appelé dans la prochaine liste, Risser sait que le temps joue pour lui. Dans un poste où la durée de vie sportive s’étire bien au-delà de la trentaine, il préfère bâtir sur la continuité et la constance plutôt que sur la précipitation. À 21 ans, il n’a pas besoin de brûler les étapes — juste de confirmer, semaine après semaine, son irrésistible progression.
Sous les projecteurs ce week-end contre Monaco, Robin Risser n’aura qu’une idée en tête : garder son but inviolé et continuer à séduire, en silence. Les Bleus viendront peut-être ensuite, presque naturellement.

