Révolte japonaise : vers une exclusion du Qatar et de l’Arabie saoudite du football asiatique ?

Le Japon est prêt à créer sa propre fédération en Asie, sans les puissants pays du Golfe.

La Fédération japonaise de football (JFA) envisage une rupture sans précédent avec la Confédération asiatique (AFC). Selon plusieurs sources médiatiques au Japon et en Irak, les dirigeants nippons réfléchissent sérieusement à quitter l’organisation pour fonder une nouvelle entité : la Fédération d’Asie de l’Est. Une idée née d’un profond malaise face à l’influence grandissante du Qatar et de l’Arabie saoudite sur la gouvernance du football continental. Le Japon dénonce une dérive où les pays du Golfe imposent leur puissance financière et politique au détriment de l’équité sportive. Le déroulement intégral de la prochaine Ligue des champions asiatique en Arabie saoudite, les sanctions jugées arbitraires à l’encontre de Vissel Kobe ou encore les décisions disciplinaires controversées ont fini par convaincre Tokyo que l’AFC ne garantissait plus des conditions justes pour les nations de l’Est.

Cette éventuelle scission, qui pourrait rassembler autour du Japon la Corée du Sud, la Chine, la Corée du Nord ou encore plusieurs nations du Sud-Est asiatique, provoquerait un véritable séisme dans le football mondial. L’AFC perdrait une partie de ses plus grands marchés, ses clubs les plus compétitifs et une part majeure de ses revenus commerciaux. Sur le plan politique, la FIFA serait confrontée à une situation inédite : reconnaître une nouvelle confédération reviendrait à redéfinir les zones de qualification pour la Coupe du monde et à remodeler tout l’équilibre du football international. Au-delà de la sphère sportive, le projet japonais illustre un affrontement d’influences entre deux visions de l’Asie : celle du soft power technologique et culturel contre celle du pouvoir économique et diplomatique du Golfe. Si la JFA venait à franchir le pas, c’est toute la carte du football asiatique – et peut-être mondial – qui serait redessinée.