Retour sur l’événement du jour : 7 grands patrons de Ligue 1 sonnent l’alarme pour sauver le football français

Sept présidents de clubs de Ligue 1, parmi lesquels Frank McCourt (OM), Michele Kang (OL) ou encore Joseph Oughourlian (Lens), lancent un appel solennel à l’État. Face à la crise économique et structurelle du football français, ils réclament une réforme urgente du modèle de gouvernance. Une tribune inédite qui marque un tournant dans les rapports de force.

Depuis plusieurs saisons, le football français navigue à vue entre déséquilibre économique, guerres d’influence et perte d’attractivité. Cette fois, les voix se lèvent au plus haut niveau. Dans une tribune publiée ce mercredi 11 mars, sept dirigeants de clubs de Ligue 1 interpellent directement le gouvernement et les instances sportives. Leur objectif : obtenir une réforme profonde de la gouvernance du football professionnel afin d’endiguer la spirale négative qui menace la viabilité du championnat.

L’économie du football à bout de souffle

Dans ce texte commun, les présidents signataires tirent la sonnette d’alarme. Ils dressent un constat sévère : les revenus issus des droits télévisuels, jadis pilier financier de la Ligue 1, ne représentent plus que 19% des recettes des clubs — contre plus du double en Angleterre, en Espagne ou en Allemagne. Pour eux, cet effondrement plonge le football français dans un cercle vicieux, condamnant les clubs à vendre leurs meilleurs talents de plus en plus tôt pour survivre.

« Cet écosystème est aujourd’hui fragilisé », écrivent-ils, illustrant une réalité criante : le modèle basé sur la formation et la revente ne peut plus soutenir un championnat censé rivaliser avec les grandes ligues européennes. Ce déséquilibre structurel, s’il perdure, risque de reléguer durablement la Ligue 1 au second plan.

Les présidents appellent donc à revoir en profondeur la manière dont le football français est financé et gouverné. Ils plaident pour un modèle plus stable, davantage tourné vers la création de valeur et la mutualisation des ressources, à l’image des ligues étrangères qui ont su moderniser leur cadre institutionnel.

Vers une nouvelle gouvernance du football professionnel

Au-delà des enjeux économiques, cette tribune vise directement les fondations de la Ligue. Les signataires estiment que son statut actuel est « inadapté » aux réalités du marché. Ils soutiennent la création d’une société de clubs, structure juridiquement assise et pilotée par les acteurs économiques eux-mêmes, sur le modèle de la Premier League ou de la Liga.

Ce projet s’appuie sur une proposition de loi défendue au Sénat par Laurent Lafon et Michel Savin. Déjà adoptée par la chambre haute, elle attend toujours d’être examinée à l’Assemblée nationale. Les dirigeants exhortent désormais le gouvernement à la placer rapidement à l’ordre du jour, convaincus qu’il s’agit d’une condition vitale pour « inscrire le football français dans une nouvelle ère, plus sereine et plus ambitieuse ».

En filigrane, c’est une bataille politique et institutionnelle qui s’engage. L’union inattendue de McCourt, Kang, Ferracci et Oughourlian donne du poids à un message jusque-là morcelé. Reste à voir si cette offensive coordonnée sera suivie par le reste de l’élite du football français — et, surtout, si l’exécutif écoutera cet appel d’urgence avant que la Ligue 1 ne perde définitivement pied dans la hiérarchie européenne.

Les sept présidents signataires de la tribune sont :

  • Frank McCourt (Olympique de Marseille)
  • Michele Kang (Olympique Lyonnais)
  • Joseph Oughourlian (RC Lens)
  • Pierre Ferracci (Paris FC)
  • Guillaume Cerutti (Stade Rennais)
  • Jean-Michel Roussier (Le Havre AC)
  • Bernard Serin (FC Metz)