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Rennes : Franck Haise, le goût du renouveau

De retour sur un banc moins de deux mois après son départ de Nice, Franck Haise a retrouvé ce mercredi un club qui lui est cher : le Stade Rennais. L’ancien formateur du SRFC a choisi la Bretagne plutôt que le repos, séduit par un projet qui lui parle et une envie retrouvée.

Après son éviction de l’OGC Nice à la fin du mois de décembre, beaucoup pensaient que Franck Haise prendrait du recul. L’entraîneur de 55 ans, marqué par une expérience azuréenne éprouvante, avait d’ailleurs pris la direction du Québec pour souffler, loin des terrains et des micros. Mais à peine deux mois plus tard, le voilà de retour, sourire retrouvé et regard tourné vers l’avenir.

C’est à Rennes, un club qu’il connaît bien pour y avoir été formateur entre 2006 et 2012, que Haise a choisi d’écrire la suite. Et à écouter le technicien, la décision n’a pas été longuement réfléchie : « Les conditions étaient réunies. J’étais libre, et peu de clubs auraient pu me faire sortir de ma coupure. Rennes, c’était une évidence », confie-t-il sans détour. Ce retour express, il l’assume pleinement, conscient d’avoir retrouvé « l’envie et l’énergie » qui commençaient à lui manquer.

Un départ de Nice encore dans les pensées

Car si Haise avance, il ne nie pas les cicatrices laissées par son expérience à l’OGC Nice. Arrivé sur la Côte d’Azur avec l’ambition de confirmer sa réussite lensoise, il a finalement quitté le Gym en décembre, remplacé par Claude Puel après des mois de tensions internes et de résultats mitigés. Avec le recul, l’entraîneur reconnaît une erreur de gestion personnelle : « J’aurais dû concentrer toute mon énergie sur mon groupe. Sur les derniers mois, j’en ai gaspillé sur des choses que je ne maîtrisais pas. »

L’aveu est rare et révèle un technicien lucide sur ses propres limites. Chez Haise, le discours reste mesuré, sans amertume. Ce qu’il retient aujourd’hui, ce n’est pas l’échec, mais la leçon : savoir où mettre son énergie et pourquoi.

Rennes, un retour aux sources

Ce retour à Rennes s’apparente à une boucle bouclée. Le club breton, en quête de stabilité après un début de saison irrégulier, voit en Haise un bâtisseur capable de reconnecter le travail de formation et le haut niveau. Lui y trouve un environnement familier, à taille humaine, où il se sent légitime pour rebâtir sans précipitation.

Dans ses premiers mots, Haise a d’ailleurs insisté sur le mot-clé de son nouveau départ : « sens ». Le sens du collectif, le sens du jeu, mais aussi celui de sa démarche personnelle. « Ces deux mois de recul m’ont fait du bien. J’ai pu revisiter ce que j’aurais pu mieux faire à Nice, et surtout, reprendre goût à ce métier. »

Rennes n’a peut-être pas attiré le plus bankable des techniciens, mais il a misé sur un homme en quête de clarté et de cohérence. Un pari de raison, autant que de cœur.

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