L’histoire entre Diego Moreira et l’Olympique Lyonnais s’était mal écrite. Dimanche soir, sur la pelouse de la Meinau, l’ailier belge de Strasbourg a pris la plume pour en rédiger la dernière ligne. Buteur et passeur décisif dans le succès éclatant du Racing contre l’OL (3-1), l’ancien « Gones » a transformé sa revanche personnelle en démonstration de maturité footballistique.
Pour comprendre la portée de sa performance, il faut revenir deux ans en arrière. L’hiver 2024, Lyon décide d’interrompre prématurément le prêt de Moreira, jugé trop tendre et irrégulier pour s’imposer. Le joueur, lui, vit cette décision comme une humiliation. « J’avais l’impression d’être jugé sur un mois de compétition », confiait-il plus tard, amer mais lucide. Depuis, le Belge s’était promis de faire taire les doutes.
Ce dimanche, il a tenu promesse. Positionné sur le côté droit de l’attaque alsacienne, il a dynamité la défense lyonnaise dès les premières minutes. Auteur d’une passe décisive pour Martial Godo, puis d’un but chanceux mais symbolique sur une frappe déviée, il a livré l’un de ses matchs les plus aboutis depuis son arrivée à Strasbourg. Récompense logique : une note de 8/10 et un trophée d’homme du match, attribué par la LFP.
Plus qu’une revanche, une renaissance
Mais au-delà des chiffres, c’est l’attitude de Moreira qui a marqué les esprits. Fini le joueur introverti et hésitant aperçu entre Rhône et Saône : place à un ailier affirmé, sûr de ses forces et déterminé à assumer son potentiel. Ses célébrations, empreintes de jubilation contenue, trahissaient la libération d’un joueur longtemps bridé par le doute.
En coulisses, Moreira n’a pas caché sa satisfaction. Sur les réseaux sociaux, il a posté une photo de son trophée avec un sobre « Dieu est juste ». Puis, dans une vidéo diffusée par son coéquipier Emanuel Emegha, il a laissé percer son ironie : « Là-bas, on m’appelait agent 007. Ici, j’ai envoyé 0-0-7 et je reste tranquille. » Le message est clair : la revanche est consommée.
Le symbole d’un Strasbourg revanchard
Ce succès personnel s’inscrit aussi dans une dynamique collective. Emmené par un Patrick Vieira inspiré, le Racing Club de Strasbourg retrouve de la constance et une identité offensive claire. Moreira, 21 ans seulement, incarne cette génération en pleine ascension, capable d’allier talent et caractère.
Face à un Lyon en crise, dépassé par l’énergie alsacienne, le jeune Belge n’a pas simplement réglé ses comptes : il a rappelé qu’un échec ne définit pas une carrière. Sa soirée face à son ancien club ressemble à un acte de réappropriation — celui d’un joueur qui ne veut plus qu’on raconte son histoire à sa place.

