Malgré le festival offensif du Paris Saint-Germain face à Chelsea (5-2) en Ligue des Champions, les interrogations s’accumulent autour du poste de gardien. Matvey Safonov, pourtant solide depuis son arrivée, a encore montré des signes de fébrilité. De quoi faire réagir Emmanuel Petit, peu rassuré à l’approche des grands chocs européens.
Mercredi soir, au Parc des Princes, le PSG a fait le show. Mbappé, Dembélé et les autres ont offert un récital à leurs supporters pour terrasser Chelsea et entrevoir les quarts de finale. Mais derrière l’euphorie, une faute de main de Matvey Safonov sur le but de Malo Gusto a jeté un léger froid. Le Russe, impeccable sur sa ligne depuis plusieurs semaines, a rappelé que la sérénité n’était pas totale dans les cages parisiennes. Et ce détail, pour Emmanuel Petit, n’en est pas un.
« Peut-on gagner l’Europe avec un gardien hésitant ? »
Sur les ondes de RMC, le champion du monde 1998 n’a pas mâché ses mots : “Est-ce que tu peux gagner la Ligue des Champions avec un gardien qui montre des défaillances ?” interroge-t-il, soulignant que Safonov, comme Chevalier avant lui, peine à dégager une autorité de très haut niveau. Dans une équipe taillée pour les demi-finales européennes, le moindre frisson dans la surface devient une source d’inquiétude.
Petit rappelle d’ailleurs l’exemple de Gianluigi Donnarumma, longtemps décrié avant de signer un parcours exceptionnel l’an passé. “Le problème, c’est que plus tu avances dans la compétition, plus le niveau monte, et tu ne peux pas te permettre la moindre approximation. En face, les attaquants seront plus précis, plus lucides. Il faut un gardien capable de sortir deux ou trois arrêts décisifs à chaque tour.” Un avertissement clair adressé à Safonov, et plus largement à tout le staff parisien.
Safonov sous surveillance avant le sprint final
À 27 ans, l’ancien du FK Krasnodar découvre la pression d’un grand d’Europe. Recruté pour sa fiabilité et son calme, Safonov semble parfois encore en phase d’adaptation à l’intensité des grands soirs. Face à Chelsea, son erreur n’a pas eu de conséquence, mais face à Manchester City ou au Real Madrid, la sanction pourrait être immédiate.
Le PSG, qui a longtemps souffert d’un “complexe du gardien” en Ligue des Champions, pensait ce problème réglé. Pourtant, les doutes refont surface, et Emmanuel Petit n’est sans doute pas le seul à s’interroger. D’ici les quarts, Luis Enrique et son staff devront choisir : continuer à faire confiance à Safonov ou envisager une rotation stratégique si la fébrilité persiste.
À Paris, on veut croire que la tempête passera vite. Mais dans une équipe construite pour gagner, tout tremblement dans les buts devient une menace invisible. Et ce printemps, plus que jamais, la clé du rêve européen pourrait bien se jouer… entre les gants de Matvey Safonov.



