Luis Enrique, actuel entraîneur du Paris Saint-Germain et ancien technicien du FC Barcelone, a été convoqué par la justice espagnole dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Negreira. Aux côtés de son successeur Ernesto Valverde et du président du Barça Joan Laporta, il devra témoigner devant la juge Alejandra Gil, en charge du dossier au tribunal d’instruction nº 1 de Barcelone.
L’affaire, ouverte en 2023, porte sur les versements suspects réalisés par le club catalan à José María Enríquez Negreira, ancien vice-président du Comité Technique des Arbitres. Entre 2001 et 2018, le Barça aurait versé entre 7,3 et 8,4 millions d’euros à des sociétés contrôlées par Negreira et son fils, officiellement pour la fourniture de rapports techniques et d’analyses arbitrales. Ces documents, remis aux entraîneurs, étaient censés les informer sur les habitudes et comportements des arbitres désignés pour leurs rencontres.
Luis Enrique, qui a dirigé l’équipe blaugrana entre 2014 et 2017, période durant laquelle il a remporté neuf titres majeurs dont une Ligue des champions et deux championnats d’Espagne, est appelé à préciser quelle connaissance il avait de ces rapports et comment ceux-ci étaient utilisés dans la préparation des matchs. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ces documents ont réellement eu un impact tactique ou s’ils dissimulaient en réalité une tentative d’influence sur le corps arbitral.
À ce stade, l’ancien sélectionneur de la Roja n’est pas mis en examen : il interviendra uniquement en tant que témoin, tout comme Valverde. Le risque judiciaire ne pèse donc pas sur eux, mais bien sur le FC Barcelone, soupçonné de corruption et d’atteinte à l’intégrité sportive. Le club nie toute malversation et assure que les paiements correspondaient à de simples prestations de conseil.
La date précise de la comparution de Luis Enrique n’a pas encore été fixée par la juge, malgré certaines rumeurs circulant dans la presse. Quoi qu’il en soit, son audition est considérée comme « particulièrement pertinente » pour faire la lumière sur l’une des affaires les plus sensibles de l’histoire récente du football espagnol.
