Procès Riolo–Deschamps : le sélectionneur contre-attaque après la relaxe du chroniqueur

Loin d’être close, l’affaire entre Didier Deschamps et Daniel Riolo connaît un nouveau rebondissement. Relaxé en première instance après des propos tenus à la fin de la Coupe du monde 2022, le chroniqueur de RMC voit le sélectionneur des Bleus relancer la machine judiciaire. Vendredi 30 janvier, Didier Deschamps a officiellement fait appel dans ce dossier de diffamation devenu emblématique des tensions entre football et médias.

Tout commence dans la foulée de la Coupe du monde 2022, au cœur d’un hiver chargé d’émotions et de frustrations pour le football français. Battue en finale par l’Argentine, l’équipe de France quitte le Qatar la tête haute mais laisse derrière elle un climat de débat intense. Comme souvent dans ces moments-là, les micros s’ouvrent, les analyses fusent et les critiques se durcissent. Daniel Riolo, éditorialiste reconnu pour son ton sans filtre sur RMC, s’en prend alors frontalement à Didier Deschamps, questionnant son management, son autorité et son rôle central au sein de la Fédération française de football. Des propos que le sélectionneur n’a pas laissés passer. Estimant que certaines limites avaient été franchies, Deschamps décide d’attaquer en justice pour diffamation, un geste rare dans le milieu du football, encore plus de la part d’un sélectionneur en poste.

Jugée en première instance, l’affaire a tourné à l’avantage du chroniqueur. Le tribunal a prononcé la relaxe de Daniel Riolo, considérant que ses propos s’inscrivaient dans le cadre de la critique journalistique et du débat d’idées, inhérents au sport de haut niveau. Une décision vécue comme une victoire par l’intéressé, qui dénonçait depuis le début « une volonté de jeter le discrédit » sur son travail et sur la liberté d’expression des médias sportifs. Mais Didier Deschamps n’a pas souhaité en rester là. Vendredi 30 janvier, son entourage a confirmé l’appel de cette décision. Un choix fort, presque symbolique, qui traduit une volonté claire : défendre son honneur et son image jusqu’au bout. Au-delà du duel entre un sélectionneur emblématique et un éditorialiste influent, cette affaire interroge profondément le football français. Elle met en lumière la relation parfois explosive entre résultats sportifs, pression médiatique et parole publique, dans un univers où chaque mot peut désormais devenir un enjeu judiciaire.