À 37 ans, Robert Lewandowski ne court plus après le temps. L’attaquant du FC Barcelone, encore sous contrat jusqu’en juin avec une année optionnelle, refuse de s’inquiéter de ce que lui réserve l’avenir.
Alors que beaucoup spéculent sur un possible départ du Camp Nou, l’international polonais choisit pour sa part la patience.
Dans un entretien à Sky Sports, le capitaine de la sélection polonaise a fait preuve d’un rare détachement : il ne cherche ni à forcer une prolongation, ni à précipiter une décision. Lui, l’homme aux plus de 600 buts en carrière, a désormais appris à maîtriser ce que tout footballeur redoute : l’inconnu.
« Je suis patient, je prendrai mon temps »
« Ce qui est bien, c’est que je n’ai pas de pression », a-t-il confié calmement, avant de reconnaître qu’il n’aurait pas tenu le même discours dix ans plus tôt. « À 30 ans, ou même un peu plus jeune, j’aurais voulu savoir rapidement où je vais jouer. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Je vais me donner trois mois pour décider. »
Dans un Barça en pleine transition, où l’expérience de certains cadres reste précieuse, Lewandowski symbolise une forme de stabilité. Derrière l’explosion des jeunes comme Lamine Yamal ou Fermín López, sa présence continue d’apporter cadre et exigence à un vestiaire en reconstruction. Avec 14 buts en 32 matchs cette saison, l’ancien du Bayern reste l’un des meilleurs atouts offensifs du club catalan, même si sa vitesse et son volume de jeu ne sont plus ceux des grandes années de Munich.
Conscient de son âge et de ce que représente la fin d’un cycle, le buteur ne dramatise rien. Son discours tranche avec celui d’autres stars tiraillées entre nostalgie et recherche d’un dernier défi doré. Lewandowski, lui, avance au rythme de la sérénité. « Barcelone a tout ce dont nous avons besoin, ma famille et moi nous sentons très bien ici », assure-t-il.
Cette phrase, en apparence banale, dit beaucoup de son état d’esprit : celui d’un homme qui privilégie désormais la qualité de vie à la frénésie du mercato. Si l’option pour une saison supplémentaire venait à être activée, Lewandowski ne s’y opposerait sans doute pas. Mais si la direction blaugrana préfère tourner la page, il le fera sans rancune, fort de l’idée d’avoir laissé son empreinte dans deux des plus grands clubs d’Europe.
Peut-être est-ce là la plus belle réussite de sa fin de carrière : aborder l’incertitude non pas comme une crainte, mais comme une liberté.

