Karim Benzema n’a pas mis longtemps à faire parler de lui en Arabie saoudite… à nouveau. Triplé pour ses débuts avec Al Hilal lors du 6-0 infligé à Al Akhdoud le 5 février, regard glacé en zone mixte, et un échange électrique avec un journaliste saoudien venu le titiller sur son départ d’Al Ittihad.
La scène, je la connais par cœur, parce que j’en ai vu des dizaines du même genre : micro tendu, question qui pique, et Benzema qui explose. Le journaliste insiste sur ce transfert gratuit, sur ce « sans dire au revoir » à Al Ittihad, ce club où le Français a quand même planté 41 buts en 65 matchs de SPL, avec un titre de meilleur joueur 2025 à la clé. « Tu veux parler du match ou tu veux parler de ça ? Parle du match. C’était une belle performance. Je me sens bien. Avec ce genre de joueurs dans cette équipe, on joue et on se bat ensemble », balance-t-il d’abord, tentant de recentrer. Et quand l’autre glisse qu’il est plus aidé qu’à Ittihad, coup de grâce : « Je n’ai pas dit ça. J’ai dit que je me sens bien. C’est différent. » Puis le ton monte net sur les adieux : « Quoi ? Tu sais ? Tu sais, toi ? Demande-leur. » Frustré, il tourne les talons. Sauf que derrière la punchline, on sent bien que les tensions sont loin d’être réglées ; les chiffres disent qu’il a cartonné sportivement, mais le ressenti raconte une relation cassée.
Le contexte est explosif : Benzema a quitté Al Ittihad fin janvier après avoir refusé une prolongation jugée « humiliante », en plein conflit salarial, pour filer libre chez le rival Al Hilal jusqu’en 2027. Et pourtant, malgré ce triplé inaugural, impossible d’ignorer le bruit : supporters d’Ittihad trahis, dirigeants sur la défensive, et Ronaldo à Al Nassr qui boycotte des matchs pour sa propre prolongation. On ne sait pas encore jusqu’où la SPL peut encaisser ce cocktail de stars, d’ego et de politique interne, mais une chose est sûre : entre Benzema et ses démons saoudiens, le spectacle dépasse la pelouse.

