Sport.fr

Pablo Longoria, histoire d’un “self-made” du mercato, qui ne savait pas s’arrêter de faire des transferts

Pablo Longoria (Photo by Daniel Derajinski/Icon Sport)

Né en 1986 à Oviedo, Pablo Longoria quitte la scène de l’Olympique de Marseille après six années intenses, mais son histoire avec le ballon rond commence bien avant sa nomination à la tête du club phocéen.

Autodidacte passionné, il se forge une réputation dès la fin des années 2000 en Espagne, puis en Italie, en devenant l’un des spécialistes du recrutement et du scouting international. À 21 ans seulement, il débarque à Newcastle comme recruteur, avant de piloter le recrutement du Recreativo Huelva, puis de gravir les échelons avec l’Atalanta, Sassuolo et la Juventus.

C’est dans la Serie A qu’il tisse son réseau, affine ses outils de data et construit sa réputation d’expert du “marché secondaire” : capable de faire surgir des pépites à moindre coût, tout en maîtrisant les mécaniques économiques et financières du football mondial. En 2018, il fait un retour en Espagne comme directeur sportif du FC Valence, où il retrouve Marcelino, ancien entraîneur avec qui il a déjà travaillé à Huelva. Cette expérience consolide son profil de dirigeant moderne, bilingue, polyvalent et très connecté aux marchés internationaux.

L’arrivée à Marseille et la montée en puissance

Arrivé à l’Olympique de Marseille en 2020 comme directeur général délégué chargé du football, Longoria débarque dans un club en crise, meurtri par l’effondrement de la saison 2019‑2020 et l’affaire de la Commanderie. Il prend alors en main les mercatos, vende Bouna Sarr au Bayern, Maxime Lopez à Sassuolo, renforce l’effectif avec des profils comme Luis Henrique, Pol Lirola, Arkadiusz Milik ou Dorian Batiste, et met en place une méthode de recrutement plus structurée.

Moins de six mois après son arrivée, en février 2021, il devient président du directoire de l’OM, devenant le plus jeune président du club depuis 1909. Il donne alors un nouveau visage à Marseille : recrute des techniciens comme Jorge Sampaoli, Igor Tudor, puis Roberto De Zerbi, entoure le projet avec un directeur du football comme Javier Ribalta, et mise sur un mélange de jeunes talents et de joueurs expérimentés. Pendant son mandat, l’OM signe trois podiums en Ligue 1 et décroche une qualification directe pour la Ligue des Champions 2025‑2026, un moment de gloire qui paraît couronner son projet.

Les tensions, la chute et la fin d’un cycle

Pourtant, la fin de son règne est marquée par des tensions croissantes avec Frank McCourt, des polémiques autour de l’arbitrage (dont une suspension à la LFP), et un déclassement progressif dans la gouvernance du club. Fin février 2026, il est remplacé à la présidence du directoire par Alban Juster, relégué au second plan malgré son maintien au conseil d’administration de la LFP. Après plusieurs semaines de négociation, il officialise son départ de l’OM, laissant derrière lui un bilan sportif honorable mais sans titre majeur, et une empreinte profonde sur la manière de gérer un club au niveau européen.

Aujourd’hui, son parcours à Marseille est autant celui d’un “self-made” du mercato que de l’épisode d’une transition ambivalente : le dirigeant qui a redonné une ligne à l’OM, mais dont l’ambition a heurté les limites financières et les tensions internes d’un club historique. Après Marseille, l’avenir s’annonce international, avec déjà des rumeurs insistantes sur un potentiel retour en Serie A ou dans un grand projet européen, là où son réseau et son expertise en recrutement restent ses atouts majeurs.

Quitter la version mobile