Osimhen avec Galatasaray contre Tottenham.

Osimhen n’a pas célébré face à la Juve par respect pour Spalletti

Buteur décisif lors du spectaculaire Galatasaray–Juventus (3-2 ap) en Ligue des Champions, Victor Osimhen n’a pourtant pas esquissé le moindre sourire après avoir envoyé son équipe en huitièmes. Un choix fort, guidé par le respect et un sens aigu des valeurs, à contre-courant des célébrations habituelles.

Mercredi soir, l’Ali Sami Yen de Galatasaray vibrait d’émotion. La prolongation battait son plein lorsqu’Osimhen, lancé dans la surface turinoise, crucifiait Szczęsny pour offrir au Cimbom une qualification quasi assurée. Mais au lieu de lever les bras, le Nigérian est resté impassible, entouré de coéquipiers euphoriques qu’il a calmement écartés.
Une image frappante, paradoxale, presque à contretemps d’une rencontre haletante où chaque minute appelait à l’explosion.

Interrogé à la sortie des vestiaires, le héros du soir a livré la clé de son attitude : « Je n’en avais pas besoin. Il faut savoir respecter un homme que j’admire et qui a compté dans ma carrière : Luciano Spalletti. » Ces quelques mots suffisent à éclairer le geste. Derrière le calme apparent, une délicatesse rare dans le football moderne.


Le poids d’un lien ancien

Car avant de briller sous le maillot stambouliote, Osimhen a vécu sous la direction du technicien italien à Naples. Ensemble, ils ont décroché un Scudetto historique, cimentant une relation de confiance et d’estime. Quand la Juventus de Spalletti s’est dressée face à Galatasaray, le duel avait une saveur particulière pour le Nigérian.
« Sans lui, je ne serais pas le joueur que je suis », confie-t-il souvent à son entourage. Pas question, donc, d’humilier celui qu’il considère comme un mentor, même involontairement. D’autant plus que, lucide, l’attaquant ne voulait pas masquer la prestation poussive de son équipe. « Nous avons très mal joué, même à dix contre onze. Alors non, il n’y avait aucune raison de fêter quoi que ce soit. »


Le message d’un joueur mûri

Ce refus de célébrer dépasse le simple symbole. Il résume l’évolution d’un joueur longtemps perçu comme explosif et impulsif, désormais plus posé, presque introspectif. Osimhen semble avoir trouvé un équilibre — entre exigence personnelle et responsabilité collective.
À 27 ans, auteur de 7 buts en 8 matchs de Ligue des Champions cette saison, il assume un rôle de leader silencieux. Dans une équipe souvent portée par l’émotion et la ferveur de son public, cette retenue sonne comme un contrepoint élégamment sobre.

En un instant, Victor Osimhen a rappelé que les grands joueurs ne se distinguent pas seulement par leurs buts, mais aussi par leur manière de les vivre. Parfois, le respect en dit bien plus long qu’une célébration.