Vice-présidente du conseil de surveillance, la Franco-Iranienne s’impose peu à peu comme la véritable interlocutrice du propriétaire américain. Une présence qui bouleverse les équilibres internes et agace certains à la Commanderie.
Elle n’est pas passée inaperçue. Mardi dernier, au Vélodrome, Shéhérazade Semsar de Boisséson a pris place dans la corbeille, observant la qualification de l’OM contre Rennes avant de filer discrètement, dossier réglé. Une scène symbolique d’un rôle désormais central, presque dérangeant pour certains. Présidente de McCourt Global, vice-présidente du conseil de surveillance à Marseille, elle ne se contente plus d’un poste honorifique. Ses décisions pèsent, sa parole compte. Et son ton, souvent direct, fait grincer des dents. À la Ligue comme à la Commanderie, sa manière d’imposer les volontés du propriétaire américain a surpris par sa fermeté. Trop brusque pour les uns, nécessaire pour d’autres, elle agit dans un contexte où l’OM brûle plus d’argent qu’il n’en gagne.
Une présence qui bouscule Longoria
Frank McCourt, lui, reste dans l’ombre. Mais ses yeux et ses oreilles, c’est elle. Shéhérazade Semsar de Boisséson trace une ligne claire : limiter les dépenses, rationaliser les choix, restaurer une forme de discipline budgétaire devenue insaisissable depuis des mois. Et pendant qu’elle active les leviers économiques, Pablo Longoria, autrefois tout-puissant dans la galaxie olympienne, paraît de plus en plus relégué au second plan. À tel point que certains au club parlent d’un « duo déséquilibré », voire de « mise sous tutelle ». Les confidences s’accumulent, les frustrations aussi. Pourtant, le Bostonien approuve. Son club, dit-il, « doit se réformer pour survivre ».
Sauf que cette mission, menée tambour battant, ne fait pas l’unanimité. Des voix en interne dénoncent son intrusion permanente, des décisions mal vécues, des méthodes jugées froides. On ne sait pas encore si sa stratégie portera ses fruits ou si elle fracturera un peu plus un club déjà fragilisé. Mais à Marseille, une chose est sûre : Shéhérazade Semsar de Boisséson n’est pas venue pour observer. Elle est venue pour régner.
