Il y a des transferts qui font rêver. Et il y a ceux qui, à peine conclus, ressemblent déjà à une erreur. Tochukwu Nnadi appartient, hélas pour l’Olympique de Marseille, à la seconde catégorie.
Le 2 février 2026, Medhi Benatia frappe fort. Du moins, c’est ce que l’on croit. Le directeur du football marseillais officialise l’arrivée de Tochukwu Nnadi, milieu défensif nigérian de 22 ans, en provenance de Zulte Waregem pour la somme de 6 millions d’euros. Un contrat long, courant jusqu’en juin 2030, scelle l’union. « Bienvenue à Marseille, Tochukwu ! » lance fièrement le club sur ses réseaux. Le Vélodrome rêve d’un nouveau guerrier au milieu de terrain.
Le profil, sur le papier, séduit. Né le 30 juin 2003 à Ihiagwa au Nigeria, Nnadi a gravi les échelons méthodiquement : du modeste Campos FC nigérian à Botev Plovdiv en Bulgarie, puis la Belgique et Zulte Waregem, où il s’est imposé comme titulaire. Cerise sur le gâteau : une convocation en sélection nationale pour la CAN 2025 au Maroc, signe d’une trajectoire ascendante. Taiye Taiwo, légende de l’OM et compatriote, l’accueille chaleureusement. L’histoire semble belle.
Vingt-six minutes. C’est tout.
La réalité, elle, est cruelle. En Ligue 1, Tochukwu Nnadi n’aura disputé que 26 petites minutes. Vingt-six. Le chiffre résume à lui seul l’ampleur du désastre. Jamais véritablement intégré dans le système de Roberto De Zerbi, le Nigérian enchaîne les tribunes, relégué au rang de spectateur lors des trois derniers matchs précédant le limogeage du technicien italien. Pire : son invisibilité se poursuit sous l’intérim de Jacques Abardonado, qui ne le convoque même pas.
Comment en est-on arrivé là ? La piste la plus sérieuse pointe vers un « panic buy » post-élimination européenne contre Bruges. Sous pression, dans l’urgence, l’OM aurait recruté sans vision tactique précise, ni adéquation réelle avec le jeu prôné par son entraîneur. Nnadi ne convainc ni physiquement ni tactiquement dans un championnat qui lui est visiblement trop exigeant, trop vite.
Benatia dans la tourmente
Ce flop express alimente une polémique déjà bien installée autour de Medhi Benatia. Certains médias qualifient le transfert d’« ahurissant », d’autres d’« intrigant » — euphémisme poli pour dire qu’on n’y comprend pas grand-chose. Dans un contexte de tensions internes au club, cette erreur de casting tombe au pire moment pour le directeur du football, dont la stratégie africaine — louable dans son intention — se retrouve fragilisée par sa mise en œuvre hasardeuse.
Résultat : à peine six mois après son arrivée sur la Canebière, Tochukwu Nnadi chercherait déjà une porte de sortie, avec une destination en vue pour l’été prochain.
Le mercato comme miroir
L’histoire de Nnadi est plus qu’un simple flop. Elle révèle les dérives d’un mercato décidé dans la précipitation, les limites d’un recrutement parfois déconnecté des besoins réels du terrain. Pour 6 millions d’euros, l’OM a acheté 26 minutes et une leçon d’humilité.
Une leçon que Marseille ne peut plus se permettre d’ignorer.


