OM : pouruqoi Greenwood est devenu un problème

Les chiffres de Mason Greenwood cette saison sont objectivement remarquables : 25 buts et 8 passes décisives en 39 matchs toutes compétitions confondues, dont 15 réalisations en Ligue 1 pour un xG de seulement 10,32 — ce qui signifie qu’il surperforme de près de 50% son espérance de buts, signe d’une efficacité clinique rare.

En 2025, il avait même dominé toute la Ligue 1 avec 22 buts sur l’année civile, devançant Lepaul (17) et Dembélé (15). Et pourtant, c’est précisément lors de son absence — suspension et blessure confondues face à Monaco dimanche — qu’Acherchour a vu une équipe marseillaise « meilleure collectivement ». Le paradoxe est là, brutal : l’homme qui marque le plus est peut-être celui qui coûte le plus cher en termes de structure.

La thèse Acherchour : un vampire de ballon qui ne défend pas

Sur RMC dans L’After Foot le 6 avril, Walid Acherchour a été cinglant : « Joueur qui vampirise, joueur qui défend pas, joueur qui n’est pas pertinent dans la structure que veut mettre en place le coach — il y a pas mal de similitudes entre Greenwood et Mbappé. » Et d’ajouter, provocateur : « Je pense que personne n’aime Greenwood dans l’effectif. » Ce que les statistiques confirment en partie : Greenwood enregistre 39 pertes de balle critiques cette saison — des situations où quatre coéquipiers ou plus se retrouvent hors du jeu défensif. C’est le revers de son style vertical et individualiste, hérité de ses années à Manchester United. Sa comparaison avec Mbappé au PSG n’est pas anodine : le Français avait quitté Paris en laissant une équipe qui, libérée de son ombre, a enchaîné les performances collectives en 2024-2025.


L’angle que personne ne pose : quel OM sans Greenwood ?

L’analogie avec Mbappé mérite d’être poussée jusqu’au bout. Quand le PSG a perdu son numéro 7 à l’été 2024, beaucoup prédisaient une saison de transition douloureuse. Le club a gagné la Ligue 1 avec fluidité. À Marseille, la question est désormais posée sur la table : si Greenwood part cet été — sa valeur marchande estimée entre 40 et 50 M€ pourrait attirer les grands clubs anglais — De Zerbi aura-t-il les ressources pour reconstruire un collectif plus cohérent ? La réponse dépendra du successeur choisi, mais l’histoire du football moderne montre que les équipes organisées survivent mieux à la perte d’un génie solitaire qu’à celle d’un collectif soudé. L’OM de 2026 est à ce carrefour exact.