Le virage est radical. Jusqu’à peu encore, Pablo Longoria et Frank McCourt formaient un duo uni derrière Vincent Labrune, président de la LFP. Mais 2025 marque un tournant : le propriétaire de l’OM, via une sortie remarquée dans Le Figaro, a mis en cause la gouvernance hexagonale et ciblé directement Labrune.
Une lune de miel qui tourne à la crise
L’an dernier, les soutiens étaient explicites : lors de la réunion des présidents de L1 du 14 juillet 2024, Longoria louait publiquement « l’engagement » de Labrune et celui de Nasser Al-Khelaïfi pour leur coopération finale. Pourtant, quelques mois plus tard, McCourt constate une réalité bien différente.
Explorant cette rupture, L’Équipe évoque les nombreux cafés et séjours privés entre les deux hommes – Saint-Rémy-de-Provence, Saint-Tropez, dates en Ligue des Champions – autant de signes d’une relation privilégiée aujourd’hui rompue L’Équipe.
L’alerte est lancée
Résultat alarmant des clubs : McCourt déplore un déficit colossal – près de 150 millions de dollars (environ 130 M €) sur la saison 2024-2025 L’Équipe – et, dans Le Figaro, il s’interroge vertement : « Quelle entreprise accepterait de tels résultats en conservant le même management ? » Il explique que les promesses de recettes TV avaient servi de socle aux budgets pluriannuels des clubs, mais ces projections n’ont pas été honorées.
Avec Joseph Oughourlian (Lens), il fustige une LFP qui « ne représente plus les clubs », parle d’« échec », de « dirigeants payés des millions alors que les résultats sont catastrophiques ».
Une contre-attaque stratégique en coulisses
Selon L’Équipe, début 2025, Anne Méaux, conseillère en communication de Philippe Diallo (président par intérim de la FFF), a rapproché McCourt du président de la FFF et de son programme, amorçant un tournant stratégique entamé après les déboires de la gouvernance LFP. Parallèlement, Longoria, alors suspendu de ses fonctions au sein de la LFP pour un épisode houleux à Auxerre, prépare la riposte.
Ce plan repose sur un triptyque : rapprocher l’OM de Canal+ (avec l’idée, parfois évoquée, d’un deal à 300 M €/saison pour deux matchs par journée – ambitieuse mais virtuelle), user du levier Ligue 1+ via ses dirigeants Jérôme Cazadieu et Nicolas de Tavernost, et déposer un nouveau candidat aux élections du collège des présidents, en la personne de Jean-Michel Roussier (Le Havre).
La réunion du conseil d’administration du 15 septembre, initialement décalée pour permettre à Longoria d’y être présent à la fin de sa suspension, promet d’être un moment décisif.
La riposte de Labrune
L’entourage de Vincent Labrune a répliqué en dénonçant des « chiffres mensongers ». Il assure que la rémunération du président de la LFP a été divisée par deux pour 2025-2026, validée par la commission des finances. À ce sujet, on fustige la création d’une polémique artificielle, relevant plus de ceux qui « cultivent les divisions » que de ceux recherchant le développement commercial du football français.
Vers une recomposition des forces
Le Phocéen et RMC rapportent une alliance inédite entre McCourt et Oughourlian, prête à défier le tandem Labrune–Al-Khelaïfi au sein de la LFP. L’After Foot, porté par Daniel Riolo, met en lumière la fragilité du pouvoir en place.
Pour l’heure, l’enjeu est clair : créer une majorité au sein du collège des présidents de L1, avec un projet alternatif porté par Roussier, et imposer une réforme de la gouvernance inspirée du modèle anglais, tout en chassant l’héritage jugé de plus en plus inefficace de l’ère Labrune.
En résumé : l’OM opère un virage stratégique remarquable — de soutien à Vincent Labrune à opposant déclaré — motivé par une crise économique aiguë, une gouvernance contestée, et une volonté claire de reconquête de pouvoir dans le football français. Reste à voir si ce coup politique portera ses fruits dès le conseil d’administration du 15 septembre.
Souhaitez-vous maintenant que je fouille dans les détails de ce projet Ligue 1+, la nature exacte du rapprochement avec Canal+ ou le profil de Jean-Michel Roussier ?


