L’ère post-Longoria s’ouvre officiellement à Marseille.
Ce vendredi, Frank McCourt a levé le voile devant la presse sur le nom de son nouveau président : c’est Stéphane Richard qui prend les rênes de l’Olympique de Marseille. L’ancien directeur général d’Orange, qui a dirigé le géant des télécommunications de 2011 à 2022, devient ainsi le troisième président de plein exercice depuis le rachat du club par le milliardaire américain, après Jacques-Henri Eyraud et Pablo Longoria.
Ce choix n’a rien d’un pari sur l’inconnu. Stéphane Richard et Marseille, c’est une histoire qui remonte à loin. Originaire de Gironde, il a fait ses études dans la cité phocéenne et y a conservé des attaches solides au fil des décennies. Depuis 2022, il siège au conseil de surveillance du Grand Port Maritime de Marseille, une position qui lui a permis de rester ancré dans les cercles décisionnels de la ville.
Mais c’est surtout son rapport à l’OM qui interpelle. En 2016, alors qu’il était encore à la tête d’Orange, il signe personnellement le contrat de naming du Stade Vélodrome — l’enceinte rebaptisée Orange Vélodrome. Un acte fondateur qui dit beaucoup sur sa proximité avec le club. À cela s’ajoute une relation étroite avec Rodolphe Saadé, le patron de CMA CGM et sponsor incontournable de l’OM. Richard s’inscrit donc dans un réseau marseillais dense, à la croisée du monde économique, portuaire et footballistique.
McCourt mise visiblement sur un profil de gestionnaire chevronné, rompu aux grandes organisations et aux enjeux institutionnels, plutôt que sur un homme de football pur. Un choix stratégique à l’heure où l’OM cherche à stabiliser son projet sportif et à renforcer sa crédibilité financière sur la scène européenne.
Reste à savoir quelle marge de manœuvre sera accordée à Stéphane Richard sur les dossiers sportifs, et quelle relation il nouera avec le futur directeur sportif du club. Sa nomination marque en tout cas un tournant net dans la gouvernance marseillaise, avec un président profondément ancré dans l’écosystème local — un profil que l’OM n’avait peut-être jamais eu à ce niveau.
