Le Vélodrome croyait avoir trouvé un joyau.
En ce soir de janvier, Ethan Nwaneri illuminait la pelouse contre Lens, buteur et plein d’insouciance pour sa première avec l’Olympique de Marseille. Cinq semaines plus tard, la flamme s’est éteinte. Mercredi soir, en Coupe de France face à Toulouse (2-2, 3-4 t.a.b.), le jeune anglais a manqué le tir au but qui a scellé l’élimination de l’OM. Une image forte, presque cruelle, du destin d’un joueur qui n’aura jamais trouvé sa place.
Le coup de trop
Entré à la mi-temps pour tenter de réveiller une équipe apathique, Nwaneri n’a rien changé. Invisible dans le jeu, timide dans ses prises d’initiative, l’Anglais de 18 ans a fini la soirée les larmes aux yeux, inconsolable après son penalty expédié dans le Virage Sud. Une émotion sincère, mais aussi un constat d’échec. Son aventure marseillaise, entamée sous les projecteurs, s’achève dans l’ombre d’une déception collective.
Certains supporters regrettent que des cadres aient fui leurs responsabilités avant la séance de tirs au but. D’autres estiment au contraire que le gamin d’Arsenal n’aurait jamais dû se retrouver en cinquième tireur. Peu importe, le résultat est le même : Nwaneri, venu pour apprendre, aura surtout mesuré à quel point Marseille peut être impitoyable.
De l’espoir au désenchantement
Quelques semaines plus tôt, son nom résonnait pourtant comme une promesse. Recruté en prêt par Arsenal, titulaire avec les Espoirs anglais, Nwaneri devait apporter ce supplément de créativité dont l’OM manque cruellement entre les lignes. Son premier match, couronné d’un but contre Lens (3-1), laissait imaginer une série naissante. Mais le soufflé est vite retombé.
Disparu des radars face au Paris FC (2-2), puis en difficulté contre Rennes et Paris, le milieu offensif n’a jamais enchaîné deux bonnes périodes. Trop tendre, parfois désorienté dans le rythme de la Ligue 1, il a perdu sa place avant de la retrouver brièvement, à Lyon, où une passe décisive pour Aubameyang avait semblé relancer l’histoire. L’éclair était trompeur. Depuis, silence radio.
Un prêt qui interroge
Sur le plan sportif, l’OM n’a guère tiré profit de ce pari venu de Premier League. Et sur le plan humain, la déception est palpable. À dix matchs de la fin du championnat, Nwaneri quittera Marseille en juin dans une relative indifférence, sans avoir vraiment marqué les esprits. Le club, lui, devra s’interroger sur sa stratégie de recrutement, souvent marquée par des coups de communication plus que par des profils mûrs pour le contexte bouillant du Vélodrome.
Marseille voulait croire à une pépite. Il n’a eu qu’un feu de paille. Ethan Nwaneri restera comme ce talent pressé, trop vite monté sur scène, trop vite disparu. Le football, parfois, a la mémoire courte ; à 18 ans, lui aura au moins appris que le romantisme des débuts compte moins que la constance des lendemains.
