Mis à l’écart de la rotation par Roberto De Zerbi, Amir Murillo quitte Marseille pour Besiktas avec le sentiment d’avoir été mal jugé. Un départ précipité, né autant d’un contexte tendu que d’une frustration personnelle mal digérée.
L’histoire s’est écrite en silence, dans les couloirs d’un vestiaire où les équilibres se font et se défont plus vite qu’un sprint côté droit. Amir Murillo, arrivé à Marseille avec l’ambition de s’imposer durablement, s’en va aujourd’hui comme un joueur meurtri. L’international panaméen, titulaire indiscutable la saison passée, a vu son rôle s’effriter semaine après semaine. Le match face au Paris FC, et surtout la colère froide de De Zerbi après le nul, ont tout fait basculer. Ce soir-là, Murillo a compris que la page était tournée, que sa saison ne serait plus la sienne.
Une perte d’influence impossible à digérer
Les chiffres ne disent pas tout, mais ils sont révélateurs : 16 matchs de Ligue 1 seulement, deux buts, et beaucoup d’ombre. La concurrence de Timothy Weah ou Benjamin Pavard l’a poussé un cran plus bas, parfois d’un poste à l’autre, sans jamais retrouver la confiance d’avant. Certains dans le vestiaire chuchotent qu’il n’aurait pas eu le crédit qu’il méritait, d’autres que son adaptation tactique laissait à désirer. Quoi qu’il en soit, la tension latente a éclaté dimanche dernier lors d’une explication musclée avec De Zerbi. Et à partir de là, plus personne n’a tenté de réparer le lien.
Le départ vers Besiktas, attendu ce vendredi, scelle donc une frustration bien plus profonde qu’une simple rotation d’effectif. Murillo part parce qu’il ne se reconnaît plus dans ce projet, dans cette hiérarchie mouvante où tout peut se jouer sur un mot de l’entraîneur. Il part surtout avec la conviction d’avoir été relégué trop vite, trop brutalement. Le football, à Marseille, ne laisse pas toujours le temps aux blessés de l’ego.

