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OM : Marbella, tout part de là ?

Pierre-Emerick AUBAMEYANG et ses coéquipiers de l'OM (Photo by Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport)

En quête d’un second souffle, l’Olympique de Marseille a choisi de s’isoler à Marbella pour une semaine de travail. Une parenthèse andalouse qui ne doit rien au hasard : plus qu’un simple stage, une tentative de réinitialisation d’un vestiaire en manque de repères.

Le pari du huis clos

Ce n’est pas la première fois que l’OM s’offre une bulle à Marbella, mais rarement le contexte aura donné autant de sens à la démarche. L’équipe d’aujourd’hui n’a plus la sérénité d’hier. Irrégulière, parfois brillante, souvent frustrante, elle a plongé dans une zone grise où les certitudes techniques se dissolvent aussi vite qu’elles apparaissent. Dans cette logique, le staff a voulu couper le bruit, déplacer la routine et recréer un espace contrôlé.

L’idée n’est pas neuve, mais elle reste précieuse : vivre ensemble, sans échappatoire, retrouver le goût du travail collectif, du regard croisé, de la confrontation directe. Dans un club comme Marseille, où la pression médiatique et l’attente populaire déforment tout, le silence temporaire vaut parfois plus que mille discours. Marbella devient alors un laboratoire d’attitude autant que de tactique.

Refaire du terrain le centre du jeu

Ce stage n’aura de valeur que s’il touche le cœur du problème : le jeu. Depuis le début de saison, l’OM cherche un milieu capable de donner du lien et du sens à ses intentions. Devant, la créativité existe ; derrière, la solidité reste relative mais identifiable. Entre les deux, l’équipe tangue. Les essais se multiplient, les combinaisons s’épuisent, sans qu’un trio ou un duo ne s’impose vraiment.

Marbella doit servir à clarifier cette équation. Simplifier, stabiliser, automatiser. Revenir aux fondamentaux, à des rôles précis et lisibles. Pour un entraîneur arrivé en cours de cycle, ce format d’intense huis clos permet de distiller ses idées sans bruit, de répéter jusqu’à saturation, de mesurer l’adhésion réelle du groupe. Sur la pelouse, mais aussi dans les couloirs et à table.

L’urgence mentale avant tout

Car le chantier n’est pas seulement tactique, il est aussi mental. Les derniers mois ont creusé un fossé intérieur, celui du doute collectif. Les mêmes scénarios qui se répètent, les points laissés filer dans les derniers instants, les visages qui se ferment. Une forme d’usure sourde s’est installée, et c’est contre elle que ce stage tente de lutter.

Dans le calme andalou, le staff veut retisser un fil d’exigence et de confiance. Retrouver cette intensité mentale qui, au Vélodrome, transforme parfois les failles en force. Tout dépendra désormais de la suite : la réception de Lyon servira de juge de paix. Si l’OM sort du vestiaire avec la même faim qu’autrefois, alors Marbella n’aura pas été une fuite, mais un nouveau départ. Sinon, ce ne sera qu’une carte postale de plus, rangée dans les tiroirs d’une saison à oublier.

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