Malgré les grands discours sur l’énergie et le rythme, l’Olympique de Marseille affiche des chiffres alarmants dans le domaine de l’intensité. Les données de MeteoFoot révèlent que les joueurs marseillais parcourent moins de kilomètres que n’importe quelle autre équipe de Ligue 1. Un contraste criant avec les exigences répétées de leur entraîneur.
Depuis sa prise de fonctions à l’Olympique de Marseille, Habib Beye a fait de l’intensité son mantra. Dans chaque conférence de presse, le technicien sénégalais rappelle son obsession pour la dynamique du jeu et réclame à ses hommes davantage de courses, de pressing et de générosité. Le récent stage à Marbella devait justement hausser le niveau physique collectif. Pourtant, les chiffres publiés cette semaine dressent un tableau tout autre : cette énergie promise semble encore bien théorique.
Un OM à la traîne dans tous les compartiments de l’effort
Selon les données compilées par MeteoFoot, le premier Marseillais au classement des distances moyennes parcourues par match est Pierre-Emile Højbjerg avec 8,74 kilomètres. Une donnée anodine ? Pas vraiment, car le milieu danois ferme le classement des joueurs les plus actifs de Ligue 1, derrière Maghnès Akliouche (Monaco, 9,34 km) ou encore Warren Zaïre-Emery (PSG, 9,79 km). À l’autre bout du spectre, Haris Belkebla (Angers) mène la danse avec plus de 11 kilomètres par rencontre.
Cet écart, supérieur à deux kilomètres entre le premier et le meilleur Marseillais, en dit long sur le déficit de volume de course au sein de l’effectif phocéen. Dans un championnat de plus en plus axé sur la transition et la répétition des efforts, l’OM semble tourner au ralenti.
Le constat est d’autant plus inquiétant que le profil de Højbjerg, joueur axial à la base plutôt positionné devant la défense, n’incarne pas le coureur infatigable par excellence. Si lui est le plus actif du groupe, la question de la capacité physique globale de l’équipe se pose sérieusement.
Le paradoxe Beye : discours musclé, jambes lourdes
Cette faiblesse sur le plan de l’intensité renvoie à un paradoxe frappant : celui d’un OM qui prône la verticalité mais peine à la mettre en pratique. Les observateurs ont noté une équipe souvent coupée en deux, manquant d’allant dans le pressing et de volume dans le replacement. Le symbole d’une formation encore loin de ses ambitions.
Habib Beye, lui, a pourtant cherché à insuffler un nouveau souffle depuis sa nomination. Travail sur la densité athlétique, séquences à haute intensité en stage, discours fédérateurs sur l’implication… Rien ne semble encore suffire à transformer cette volonté en réalité sur le terrain.
À deux mois d’un sprint crucial pour espérer accrocher l’Europe, Marseille devra impérativement corriger ce manque criant d’énergie. Car sans jambes, la meilleure des idées de jeu finit toujours par s’effondrer.
