OM : le dialogue est rompu entre le club et ses supporters

À la veille d’un match crucial face à Auxerre, la tentative d’apaisement entre la direction de l’Olympique de Marseille et les groupes de supporters a tourné court. Le fossé entre le club et ses fidèles n’a jamais semblé aussi profond, sur fond de crise sportive et d’incompréhension mutuelle.

L’OM voulait renouer le fil du dialogue. Les supporters, eux, ont préféré garder le silence. Quelques jours après une élimination humiliante en Coupe de France à Toulouse, la direction marseillaise avait convié les associations de fans à une rencontre au centre Robert Louis-Dreyfus. Objectif : restaurer un climat apaisé avant la réception d’Auxerre au Vélodrome, ce vendredi soir. Mais la réunion n’a finalement jamais eu lieu. Les représentants des groupes ont refusé l’invitation, jugeant le cadre et le contenu proposés “inadaptés à la gravité de la situation”.

Un malaise qui s’installe durablement

L’épisode n’est que le dernier symptôme d’un malaise profond. Depuis la déroute de Toulouse, la fracture ne cesse de s’élargir entre le club et ses supporters historiques. Dans le parcage visiteurs du Stadium, le silence des fans olympiens avait déjà valeur de message. Pas de chants, pas de drapeaux, seulement une banderole lapidaire : “Vous êtes des merdes”. La victoire de l’OM ce soir-là n’avait rien changé à la colère, encore vive dans les travées du Vélodrome.

Du côté du club, on espérait profiter de cette rencontre pour désamorcer la tension. Selon La Provence, la direction souhaitait y présenter le nouvel entraîneur Habib Beye ainsi que le président fraîchement nommé, Alban Juster. Une manière de “repartir sur de nouvelles bases” avant le sprint final en Ligue 1. Mais les associations, elles, voulaient aborder d’autres sujets : gestion sportive, identité du club, avenir du projet. Et surtout dans un lieu plus neutre, loin des bureaux de la direction.

Le dialogue, déjà difficile ces dernières saisons, s’est donc refermé aussi vite qu’il s’était entrouvert.

Un Vélodrome sous tension avant Auxerre

En refusant cette main tendue, les groupes marseillais ont voulu marquer leur indépendance, mais aussi rappeler que leurs revendications ne se limitent pas à une rencontre de circonstance. “Parler de vision plutôt que de match”, résume un acteur du dossier. Le club, de son côté, a préféré repousser toute discussion “à la semaine prochaine”, jugeant prioritaire la préparation du duel face à Auxerre.

Reste une question clé : l’ambiance du Vélodrome. À l’heure où l’équipe peine à convaincre et où la défiance grandit, la direction redoute un nouvel épisode de protestation dans les tribunes. Une atmosphère lourde donc, alors que Marseille s’apprête à disputer une rencontre capitale pour son avenir européen.

Entre volonté d’apaisement institutionnel et colère populaire, l’OM avance sur un fil fragile. Sans dialogue, difficile d’espérer retrouver la ferveur d’un public qui, plus que jamais, semble désenchanté par le virage pris par son club.